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  • François Chevaldonnet 1950-2016

    Blitz de Blanc-Mesnil, 1re journée du blitz, le 1er juin 2019. Conversation impromptue avec Bachar Kouatly : « Il paraît que François est mort. » François Chevaldonnet. Une semaine plus tard, après quelques difficiles recherches, je retrouve sa trace dans une revue ornithologique de Besançon. Il y était devenu spécialiste, entre autres, du « râle bleu », un oiseau migrateur « partiel ». Une fois de plus, il avait changé de vie. Son collègue et ami de la revue ornithologique m’annonce alors qu’il est décédé en décembre 2016. François était né le 22 juillet 1950 à Reims comme nous l’apprend sa fiche Wikipedia... polonaise !

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  • Yoccoz : un génie mathématique part dans l’infini

    Jean-Christophe Yoccoz est décédé le 3 septembre 2016 d’une longue maladie. Il avait 59 ans. La nouvelle n’a été rendue publique que le 5 septembre par l’Académie des Sciences et a été suivie d’un communiqué de l’Élysée.

    Yoccoz était un génie des maths. C’était aussi un joueur de compétition qui jouait décontracté à 2200 Elo (550e joueur français à ce jour).

    Né en 1957, il remporte l’Olympiade de maths en 1974 et termine major à Normale Sup l’année suivante. La médaille Fields sera obtenue en 1994 et consacrera ses recherches.

    Les quadras et quinquagénaires parisiens connaissaient bien Jean-Christophe Yoccoz.

    A 200 m de Normale Sup, il y avait le café « Chez Max », rue des Feuillantines, où se réunissaient les meilleurs blitzeurs parisiens : Manouck, Fornasari, Benaribi, Jolliez, Lemoine et tant d’autres.

    Sacha Ladisic, devenu prof de maths, témoigne : « Dès qu’il a su qu’il y avait un club dans les parages, il est venu s’inscrire. Il était d’une simplicité et d’une modestie incroyable : il n’avait pas mentionné qu’il était normalien ni qu’il était déjà une vedette dans sa spécialité. En arrivant, il avait déjà un bon niveau et voulait être reconnu comme joueur d’échecs, je crois. Il est d’ailleurs devenu l’un des piliers du club. »

    Vite accepté parmi les blitzeurs, il prolonge les séances jusque tard dans la nuit. Il joua aussi dans les années 1980 le championnat de Paris et les Accession du championnat de France. Fort joueur de l’Accession à l’époque, Ladisic se souvient : « Il a passé une nuit entière à m'aider à préparer une partie contre Goldenberg (variante Sveshnikov) que j'ai gagnée le lendemain en grande partie grâce à son aide. Aldo Haïk l’avait d’ailleurs commentée sa chronique du Figaro.»

    Yoccoz, c’était aussi la décontraction même avec une immense tignasse bouclée, un sourire rêveur en coin, des sandales et une corpulence qui en imposait sur l’échiquier.

    Pour l’ancien champion de France Nicolas Giffard, membre actif de la bande, c’est aussi la tristesse : « J’ai rarement connu quelqu’un d’aussi sympathique, très brillant et très humble en même temps.

    Cela faisait quelques années que je ne l’avais pas vu et j’ignorais qu’il était malade. Dernier souvenir, chez lui en banlieue sud : il avait invité tous les joueurs de l’Échiquier latin [club avec pas mal d’anciens membres de Chez Max] et sa femme brésilienne nous avait fait danser la samba ! »

    Toutes nos condoléances à sa famille (de scientifiques également) et à son autre famille, les chercheurs en mathématiques.

    • VIDÉO : Quatre médaillés Fields présentent leurs travaux à l’Institut Poincaré (1994). J.-C. Yoccoz explique que les mathématiques sont [par rapport à l’accumulation des connaissances] « une pyramide posée sur sa pointe (contrairement à certains aspects de la physique) et qu’en Terminale, le niveau de mathématiques enseigné s’arrête à peu près à 1850. » Il conclut avec la décontraction de celui qui maîtrisait cela très très jeune : « De la fac jusqu’à la maîtrise, cela va jusqu’à la Première Guerre mondiale. »
    • Suivre diverses conférences de Yoccoz (liens YouTube)
  • Les héros de papier des années 1970

    Roue_Eglise_Mulhouse.JPGC’est un week-end de double ronde de Nationale II, groupe Est. Sept hommes une femme dans chaque équipe ont rejoint Mulhouse le 17 et 18 novembre. Deux équipes sont venues déplumées à six et sept joueurs. La routine. Mulhouse a logé une partie des équipes dans l’hôtel Mercure qui prête un salon où l’on guerroie sur huit échiquiers. Les joueurs – une centaine – sont des habitués de la compétition. Depuis des années. Voilà des licenciés A, des vrais, des tatoués à la compét, la plupart fidèles à leur région.

    C’est bientôt Noël et la mairie (de mécréants ?) a décidé d’installer une roue face à l’église. En légende de la photo officielle prise en 2011, elle nous assure que « la grande roue permettait aux visiteurs de prendre de la hauteur pour voir les lumières de Noël ». Ah bon.

    Tous identifiables
    Dans le salon du Mercure ce dimanche matin, on phosphore déjà. D’un coup, à voir beaucoup de très jeunes poussés par des clubs dynamiques, ces rencontres sur deux jours me renvoient aux âges de ces jeunes pousses, aux années 1970. Certains héros de papier que je suivais dans Europe Échecs, celui de Monsieur Bertolo, ou dans Le Figaro pendant les championnats de France en août, sont là en chair et en os ! Hormis Louis Roos, (Strasbourg, champion de France 1977) méconnaissable car sans barbe, tous sont identifiables. Ils aiment toujours autant le jeu. Daniel Roos ressemble plus que jamais à son père Michel (1932-2002), champion de France 1964, un grand monsieur avec sa femme Jacqueline, GMI féminin par correspondance.

    Richard Goldenberg (Colmar, champion de France vétérans, régulier des championnats de France) a toujours cet amour des échecs, de la langue française avec sa diction précise et sa voix rauque marquée par la nicotine.

    Le contingent strasbourgeois est venu, comme souvent, en famille : Louis Roos (champion de France 1977), médecin comme son père arrive le second jour. Daniel Roos, le capitaine de Strasbourg, se souvient de tel championnat du monde Cadets à Creil en… 1975. Oui il a encore quelque part les bulletins de ces tournois qui ont produit tant de champions. Jean-Luc Roos a toujours sa queue de cheval et son zeitnot à maudir.

    Le Strasbourgeois Jean-Claude Letzelter se tient toujours aussi droit à la table. Scoop à retardement : son ex-collègue de travail avait le privilège de l’âge et se prenait toujours comme vacances juillet et août pour solder les heures supplémentaires. C’est ainsi que Letzelter ne pouvait jouer que tous les trois ans dans ces années-là « sans que ses adversaires ne le sachent » raconte dans un sourire Daniel Roos. Ah au fait, M. Letzelter remporta le titre à chaque fois (1968, 1971, 1974) sans compter le titre de champion de France vétérans plus récemment.

    Emmanuel Preissmann (Oyonnax) joue toujours actif, les mains sous la table. Il a les cheveux aussi longs qu’avant, mais en blanc tandis que Michel Benoit (Chelles, champion de France 1973) est toujours preneur d’un bon mot ou d’une anecdote. Il ne s’en laisse pas conter contre les maîtres.

    En sortant de cette compét’, j’ai pris un coup de jeune. Pourtant, dans le TGV du retour, en attente de rentrer dans les blitz tournants en 3-3 avec mes camarades, une question s’est posée : que sera la Nationale II dans une trentaine d’années ? Que seront devenus nos jeunes maîtres internationaux actuels dont la plupart vivotent avec un salaire minimum ?

     La poule Est de Nationale II

    La liste des champions de France sur le site 'Héritage des Echecs français'

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