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el fani

  • La chronique du Figaro supprimée

    La chronique d’échecs du quotidien Le Figaro a été supprimée le
    31 décembre 2011. Le maître international Aldo Haïk la tenait depuis juin 1977 suite au décès du chroniqueur précédent, le problémiste Camil Seneca.

    La chronique a-t-elle été abattue par les tirs d’un Rafale ? Les échecs sont-ils de gauche ? La raison est plus pragmatique et dans l’air du temps : le coût. Aldo faisait en effet partie des quinze plus anciens salariés du journal. La chronique a donc été victime d’un tueur de coûts – un ‘cost-killer’ anonyme, forcément anonyme dans une période où ce grand journal se consacre plutôt à la politique.
    « Quand on m’a appelé pour m’annoncer la nouvelle, ils ne savaient même pas ce que je faisais, je n’avais plus de chef de rubrique depuis les derniers remaniements » témoigne Aldo Haïk joint ce jour par téléphone.

    Oui, Aldo a été un numéro parmi les quinze. Oui, Aldo a raison. Le jeu d’échecs s’impose dans les journaux de l’intérieur, par réseautage. Et c’est un combat. Les rédacteurs en chef ou dirigeants ne mesurent pas à quel point une rubrique peut déclencher un acte d’achat ou la fidélisation au-delà des préférences politiques du lectorat.

    Tous les anciens chefs d’Aldo qui auraient pu le sauver n’étaient plus là ou avaient été licenciés. Tous ceux qui avaient vécu la période Kortchnoï, Karpov, Kasparov. Tous ? Seule Mme Kramnik née Germon connaît les échecs : cette journaliste est encore salariée du Figaro et fut cornaquée à ses débuts par le maître quand elle écrivait sur le jeu.


    haïk,seneca,le figaro,el fani,chaudé,apicellaLes débuts d’Aldo au Figaro
    Quand Camil Seneca décède dans sa 75e année le 28 juin 1977, la patronne du cercle Caïssa joue les intermédiaires et propose à Aldo de prendre la suite. Ce dernier prépare les chroniques hebdomadaires sur le modèle de son illustre prédécesseur : une partie commentée, un problème avec un diagramme et des nouvelles. Mais il joue beaucoup, est rarement en France et envoie tout par courrier.

    Ce n’est qu’à son retour en septembre qu’il constate que ses chroniques ont été publiées avec la mention ‘par intérim’  « car ils ne savaient pas si je voulais continuer. La chronique de Seneca était très lue car on pouvait suivre les tournois comme le championnat de France ou le championnat de Paris au jour le jour. Elle donnait plein de détails comme les horaires d’ouverture de Caïssa ou des annonces sur les tournois » se souvient Aldo.

    « Ce n’est qu’en 2000 qu’ils ont passé la rubrique quotidienne sauf le lundi tout en conservant le format de la rubrique hebdo. »
    Et puis, est venu le temps du formatage. Les rubriques voisines comme le bridge ou le sudoku étaient sous-traitées et rendues trois semaines à l’avance. Le monde aussi a changé, camarade. On trouve toutes les nouvelles sur le Net. La rubrique est malgré tout restée quotidienne, mais sous forme d’un diagramme comportant une combinaison ou un problème.

    Aldo s’était mis à la page en créant son propre site Internet avant 2000 et en signant la rubrique avec sa propre adresse e-mail.
    Aujourd’hui, il est comme tant d’autres : en préretraite, et payé comme s’il travaillait. Le journal de Monsieur Dassault conduit par Étienne Mougeotte a donc sous-traité le salaire de son ex-salarié à l’Agence nationale pour l’emploi. Joli coup à méditer.
    Mauvaise nouvelle pour une rubrique dans un journal si prestigieux.

    Anecdotes sur Marcel Dassault, Aldo dans son lycée, la chronique de Seneca et sa photo, cliquer ligne suivante.

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  • Des news de Samir El Fani

    J’aurais reconnu sa stature entre mille. Eh Samir ! C’était le 28 juin à Paris. Rue Lubeck, non loin du Consulat de Tunisie. J’avais décidé de terminer un autre jour la lecture passionnante de l’article de Jeremy Silman dans New in Chess sur « le plus grand écrivain d’échecs ». Après deux crèmes à 2,60 euros pièce, il était temps. Pourquoi donc suis-je sorti à ce moment-là de ce troquet ? Le hasard échiquéen ? «Eh Samir !» Naturellement, il se retourne. Et avec son sourire inimitable, il rétorque : «Christopheee».

    Il s’agit bien sûr de Sami El Fani, l’infatigable organisateur d’open dans les années 1980-1990 dans la région parisienne. On lui doit naturellement les championnats de Paris sur le front de Seine, à l’Institut français de gestion, mais aussi ceux d’Aquaboulevard, cette immense piscine-détente non loin de l’héliport, au sud de Paris. Des tournois jeunes à foison, des tournois rapides avec l’inséparable Patrick Humbert. Et tant d’autres choses.

    Samir n’a pas changé. Il a monté en grade. Il n’est plus prof de maths, mais il est toujours au lycée Guillaume Budé à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Mon lycée. Second hasard ! Celui d’Aldo Haïk, de son frère et de son père, lui aussi prof de maths ! Troisième hasard. Aldo épatait déjà son monde avec les échecs et son frère avec le tennis de table. Enfin, moi, je vous parle d’un temps que j’ai à peine connu puisque les deux oiseaux avaient déjà quitté la cage quand j’y suis entré. Dès la première année, mon prof de maths avait imposé sa loi ; et pas seulement celle des grands nombres. Ce jeune prof, 31 ans après, est toujours en place et il est le meilleur pote de Samir. Mister Weiman, si vous me lisez, je vous salue chaleureusement !

    Comme les élèves bien sages qui cessent la compétition avant le grand bain des études supérieures, Samir a fait de même avec l’organisation. Raison banale : ses enfants prenaient des centimètres. Alors, il a suivi l’actualité de loin. Il a ainsi appris via Europe Échecs la mort de « Jean-Claude ». Loubatière, l’ancien président de la FFE : « Il l’a vraiment structurée la fédération. Quand je pense qu’à l’époque, le siège de la Fédération était dans un collège et qu’on se réunissait, à la ligue d’Île-de-France, dans des cafés ! »

    Il faisait beau ce jour-là et la Tour Eiffel digère ses touristes. Juste au moment où Samir et moi allions nous encroûter dans la pâte à souvenirs, on a eu le sursaut du zeitnot : celui de la réalité. On a déconnectés des 64 cases et nous sommes retournés à nos affaires.

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