10 juin 2013
Clichy champion de France
Sans surprise, les tenants du titre ont récidivé à Haguenau. Ils ont fait même mieux : le titre était acquis une ronde avant la fin. Aucune des onze autres équipes n’a rien pu faire contre cette machine bien huilée.
Pourquoi Clichy a gagné ?
Deux des meilleurs Français dans l’équipe – Vachier-Lagrave et Fressinet. Bacrot est resté fidèle à Marseille et a rejoint en route son équipe après son tournoi très difficile du Grand Prix.
L’arrivée du jeune Hongrois Richard Rapport. Ce talent phénoménal âgé de vingt ans et vice-champion du monde junior 2012 a permis à Clichy de faire peur à tous.
La marque de fabrique de Clichy a souvent été d’embaucher des étoiles montantes « au berceau », futures stars du top mondial.
Le tarif est moins cher et cela secoue un peu les cadres. Ce fut le cas, par exemple, avec Michael Adams.
Un pack de joueurs à plus de 2600
C’est sûr qu’il faut les payer les plus de 2600 et leur voyage, mais au moins cela permet la permutation. Ainsi, MVL fut renvoyé au 5e échiquier dans le duel crucial contre Châlons-en-Champagne, finalement 2e.
Mais attention, ce n’est pas une assurance tous risques. La preuve ? Les deux plus faibles Elo de Clichy, Tregoubov et Pelletier, ont perdu contre Châlons au 6 et au 7. Et on peut dire que Clichy n’a pas montré sa supériorité sur les 7 échiquiers étant entendu qu’au 8e le point était assuré. Lors de cette 5e ronde, la joueuse de Châlons (Benmesbah) avait déjà une position délicate au bout de 15 coups avec les blancs… (0-1, 29).
Et après le départ de Jakovenko puis de Van Wely dans d’autres tournois, Clichy en avait encore sous la chaussette, mais le titre était en poche sur les dernières rondes.
Skripchenko – compagne de Fressinet à la ville – est la machine à points de Clichy. Deuxième meilleure joueuse de France mais en pratique la meilleure au 8e (Sebag à Évry ne pouvait jouer au 8 à cause de la différence Elo avec ses « faibles camarades » des échiquiers 6 à 8).
Archi-favorite pour battre les femmes des autres équipes ou les petits MI, elle a marqué 10 points sur 11 soit 1/5e des points de parties de l’équipe (54 victoires).
Clichy : 4 défaites individuelles sur 88 parties
En plus de jouer aux cartes le soir, Clichy aurait pu jouer à « qui perd une partie paye sa tournée ». Quatre parties sur 88 ont été perdues par le champion de France ! 54 gains, 30 nulles et 4 défaites en 11 matches.
Le score aurait pu monter à 5 car Rapport était complètement perdant contre Andreï Sokolov (Mulhouse s’est pris 6-0), mais il a gagné. Les forts joueurs ont toujours de la chance.
Quand on compare aux 8 parties gagnées par le dernier Migné, on se dit ces promus se seraient même fait étriller dans le fort groupe Est de N2. Ce top 12 n’est pas uniforme, pas adapté ou bien est-ce le championnat de France des budgets ?
Quels sont les Clichois qui auraient dû payer leur tournée ?
Trois d’entre eux dans le même match, celui pour le titre : Jakovenko et les deux « maillons faibles » de la meilleure compo, Tregoubov et Pelletier.
La 4e et dernière est une blague – la défaite de Skripchenko, presque un cadeau fait à Vandoeuvre en guise d'adieu au Top 12. Elle perd la dernière ronde dans une position complètement gagnante à moult reprises face à Le Corre qui fait « tapis » à chaque coup. Bref, elle perd l’imperdable dans une partie de café (à ce niveau) pour un match sans enjeu remporté finalement 3-1.
Vandoeuvre descend en Nationale 1 avec Grasse et Migné.
- Le ronde par ronde échiquier par échiquier sur le site fédéral (lien direct
)
- Oui, Clichy a gagné sans Carlsen et So. Il fallait le faire !
Allô, fédé, non mais allô ?
- Côté fédéral, à noter les erreurs lors la retransmission et donc des fichiers pgn sur les parties.
- Absence totale de fiche biographique sur les joueurs ou les équipes. Les sites des clubs concernés ? Comme au jeu des chiffres et des lettres : « Pas mieux. »
- Aucun "Comment marche le top 12" sur le site, ce que fait la fédé allemande à propos de son propre championnat.
- Aucune signalétique dans la salle sur l’évolution des scores, mais bon suivi sur le Net à ce sujet.
- Photos de la remise des coupes : pas légendées ET FLOUES. Prises avec un appareil mobile ?
- On ne sait pas qui gagne quoi. Meilleur échiquier ? Meilleure perf ? Aucune information le lendemain de la compétition alors que le logiciel libre Chess Results nous calcule tout cela.
- A part les coupes, et sauf erreur, les équipes ne gagnent rien. Ah si ! Clichy a le droit de dépenser plus d’argent en allant jouer la Coupe d’Europe.
Clichy : pas un pli pour les futurs sponsors
Sans vouloir tailler de costards à cette équipe de champions, un passage chez le tailleur s’imposera lors d’une prochaine photo, par exemple lors de la Coupe de France où Clichy est aussi archi-favori.
Sur la photo de groupe (site fédéral), Pelletier est en tennis et tenue de sport (par chance, il n’est pas en sueur et sans raquette). Le seul joueur avec cravate est le capitaine Mullon. Aucun fer à repasser n’a pu être réquisitionné avant la photo pour les plis de pantalons des 4 costumés sur 9. Nous étions un dimanche, dans le monde fermé des 64 cases.
Clichy 4 - 3 Chalons en Champagne
g RAPPORT 2674 1 - 0 g DAVID Alberto 2584
g VAN WELY 2689 1 - 0 g EDOUARD 2659
g JAKOVENKO 2731 0 - 1 g SOKOLOV I. 2642
g FRESSINET 2693 X - X g KRASENKOW 2642
g VACHIER-LAGRAVE 2718 1 - 0 m COSSIN 2509
g PELLETIER 2599 0 - 1 g SALGADO LOPEZ 2598
g TREGUBOV 2611 0 - 1 m DOURERASSOU 2464
m SKRIPCHENKO 2430 1 - 0 mf BENMESBAH 2237
19:48 Publié dans Anecdotes, Compétition, parties, Impulsif parallèle et simultané (à la Pierre Dac), On ne nous dit pas tout..., Quand j’entends, quand je lis, quand je vois..., Vu sur le ouaibe ou sur papier | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : clichy, skripchenko, rapport, adams, so, mullon, pelletier |
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29 mars 2012
Le téléphone pleure… en mode avion
Une ronde d’Interclubs. Comme il est arrivé des dizaines de fois, un bruit bizarre après quelques minutes de jeu. Les deux équipes se toisent. Il s’agit bien d’un téléphone portable qui couine. Le « coupable » est identifié. Il a mis plus de 100 secondes à comprendre qu’il s’agissait bien de son engin.
Cette règle de la défaite automatique en cas de sonnerie a été adoptée par la FIDE. Elle est souvent appliquée avec zèle par les arbitres, malgré leur avis personnel sur le sujet.
Ce jour-là, l’arbitre a écouté les arguments du joueur qui était prêt à accepter la sanction et à continuer sa nuit : il s’agissait d’une ronde du matin dans un match par équipe. Mais l’arbitre, également joueur de compétition, n’aime pas les règlements appliqués « à la lettre » suite notamment à deux mauvais souvenirs où les pendules ont été mises en route par les clubs hôtes de Clichy et de Noisy-le-Grand.
Le mode « avion » a sauvé le joueur. C’est bon à savoir d’ailleurs. Même en mode avion, les alarmes peuvent se déclencher alors que le téléphone est éteint. A vérifier sur votre modèle. Le match a continué, le joueur a livré sa bataille (nulle). L’arbitre a rappelé que le café était chaud et gratuit. Gens una sumus.
Lire aussi l’anecdote de 2006 sur ce blog. Pour rappel, Ponomariov fut le premier GMI à être victime de cette règle...
16:41 Publié dans Anecdotes, Blog, Compétition, parties, Le jour où... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Tags : téléphone, forfaitistes, mode avion, clichy, noisy-le-grand |
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07 juin 2011
Marseille champion de France
Ce n’est pas une galéjade. Le titre de champion de France échoit cette année à Marseille, vainqueur de Clichy à la dernière ronde, dimanche, à la Cité de l'Automobile, à Mulhouse. Les deux équipes finissent à égalité de points, mais le système de départage choisi favorisait le résultat entre les équipes. Marseille, avec deux matches nuls devait battre Clichy, invaincu. Et l'impensable devint réalité.
Les Clichois, battus 3-1 dans un match très tendu sont repartis dépités avec un score, qui, comme souvent, ne reflète pas la physionomie du match. Et encore moins leur forme tout au long des 10 premiers matches. Le site fédéral en est resté coi le soir même, tout comme le site « Top 12 » de Clichy aux abonnés absents. Le site de Clichy a fait encore plus fort: il donnait jusqu'à mardi matin Clichy premier en reprenant la bonne vieille règle des départages par différence gains/défaites par échiquier. Trop fort!
Première erreur: Fressinet (Clichy) buteur "blanc" par excellence, rapide dans ses victoires, est envoyé en mission au 1er contre Bacrot... pour faire nulle avec les blancs en quelques coups. Un Pelletier suffisait (fôte! la règle des 103 points pose problème, merci à Éric Leriche pour cette réfutation, voir sa réaction plus bas), surtout pour faire une nulle de salon!
Cette surprise sur ce que le scribe du site fédéral appelle les «compos» (les compositions d’équipes devaient être données avant 9h30 pour toutes les rondes jouées à 14h30, sauf cette dernière ronde du matin à 11h: compo à 23h la veille), élimine un problème pour Marseille. Car désormais le match se joue sur 6 parties. La compagne de Fressinet, la championne de France Skriptchenko, a pris l’ascendant au 8e échiquier sur Delorme et sa victoire n’est plus qu’une question de temps.
De l’avis des observateurs sur place, tout s’est joué sur la partie entre Hamdouchi (Clichy) et Didier Collas. Ce dernier a voulu sortir des sentiers battus dès l’ouverture, a obtenu une position inférieure et a fini par "arnaquer" Hamdouchi, enfin, c’est plutôt Hicham qui a raté des avantages et des coups de massue après le 40e coup comme pas possible.
Une victoire donnait le match nul car Istratescu (Marseille) avait disposé de Pelletier de manière assez facile en apparence, et Miton (Marseille) au 2e, avait réglé son sort à Nisipeanu. Bref, Marseille a mené 2-1 au score, mais Clichy aurait logiquement dû égaliser. Les nerfs d’Hamdouchi ont lâché tandis que Didier Collas se mettait en mode poker...
Pourquoi Clichy a perdu?
Comment Marseille a gagné? La fiesta chez Bacrot
Mulhouse: du bruit et de la couleur
Le Top 12, une formule à revoir?
Petit Jordi adore grand Nadal
Le ou la future président(e)!
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03:13 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Tags : bacrot, top 12, gozzoli, delorme, naiditsch, lopez, ffe, fressinet, clichy, marseille |
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05 juin 2011
MVL: je suis Navara de gaffer!
Le leader d’Évry, Maxime Vachier-Lagrave, n’est pas dans son assiette dans le championnat de France par équipes (top 12) qui se termine aujourd’hui à Mulhouse. Samedi, après avoir complètement vissé stratégiquement le « mulhousien tchèque » Navara, il a loupé une combinaison, chose qui lui arrive rarement.
Dommage, le finish n’en aurait été que plus joli, la combinaison étant un cas d’école. MVL, d’ordinaire un monstre de concentration et une véritable machine à calculer sur l’échiquier, a certainement été troublé par l’ambiance régnant à Évry... Cité comme T-Moingt dans l’affaire de la triche où ont été condamnés respectivement à 5 et 3 ans de suspension de licence ses ex-potes d’Évry, S. Feller et A. Hauchard, il avait produit devant la commission d’appel le contenu de ses discussions par MSN avec Hauchard, son ex-entraîneur et salarié d’Évry.
Bon pas grave, à Mulhouse, MVL se détendait le soir en jouant au poker avec des potes de Clichy; d’ailleurs, il intégrerait l’an prochain ce club qui a professionnellement dominé le top 12 à Mulhouse.
Le club de Clichy a été fabriqué, dans les années 1980, à la force du poignet par le joueur Jean-Claude Moingt, aujourd’hui président fédéral jusqu’au 18 juin et par ailleurs élu PS à Clichy-la-Garenne où il officie en tant que 10e adjoint au maire (sur 14), chargé de la communication et de l’éducation.
00:26 Publié dans Anecdotes, Compétition, parties, Impulsif parallèle et simultané (à la Pierre Dac), La boîte à çons, Le jour où... | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Tags : vachier-lagrave, navara, moingt, top 12, evry, clichy, milliet |
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18 juin 2009
Décès de Pergericht et Yeshan
Décès de Pergericht et Yeshan
Daniel Pergericht (1956-2009)
Le joueur belge et chroniqueur du Soir Daniel Pergericht est décédé brutalement le 3 juin des suites d’un accident cérébral. Il venait d’avoir 53 ans. Il ne jouait qu’épisodiquement depuis une dizaine d’années. Un collègue de travail méga-surfeur des sites d’échecs me l’a appris le 17 au matin.
« Pépé » a été l’un des premiers joueurs étrangers du club de Clichy dans les années 1990 avec le tout jeune Michael Adams. J’entends encore ce rire après une arnaque, cette joie de vivre, cette frénésie du blitz. Daniel nous décontenançait par bien des aspects : il jouait notamment la défense Petroff, une ouverture absolument pas à la mode dans ces années-là, mais avec laquelle il cartonnait. Son franc-parler belge était décapant. Il était curieux de tout.
Comme de nombreux joueurs belges ambitieux tels Jadoul ou Winants, il parcourait l’Europe pour progresser et devenir maître tout en alimentant avec dévotion sa chronique dans Le Soir. C’est ainsi que nous nous retrouvâmes dans un gymnase improbable de la banlieue de Prague à jouer un tournoi fermé avec Charles Lamoureux. Le club de Prague rendait la politesse à Clichy, emmené par son dynamique joueur-animateur-capitaine Jicé Moingt. Il y eut aussi le tournoi du CREB en décembre 1989, l’année où Ceaucescu, sa femme et son régime s’effondrèrent. Nous suivions avec Jicé Moingt ce feuilleton de l’histoire en direct à la télévision après chaque ronde. Bachar Kouatly vivait à Bruxelles et préparait la partie lyonnaise du championnat du monde (New York-Lyon) ; tous deux nous avaient reçu et fait visiter le bar des joueurs d’échecs avec ses bancs en bois et son large choix de bières. Il y eut bien d’autres tournois en commun encore. Daniel était revenu à Paris en 1996 environ avec son amie et je les avais hébergés. Les échecs étaient sortis de sa vie.
L’hommage de son compatriote et confrère Luc Winants
Boris Yeshan
Le promoteur du site ruschess.com, le Russe de Saint-Pétersbourg Boris Yeshan est décédé le 11 janvier 2009. Il avait 59 ans. Je l’ai appris en mars 2009, quelques minutes avant de partir à un rendez-vous.
Boris adorait innover aux échecs. Il avait inventé et mis au point un système de retransmissions des parties en direct. Il adorait sa ville et son histoire. Il connaissait tous les champions, anciens comme jeunes (Svidler, Khalifman, Sakaïev).
Ingénieur de formation, son système était très efficace (même en superblitz, aucun coup n’était perdu) malgré un design peu chic. Et un désavantage non négligeable : son éloignement le rendait moins compétitif pour les tournois européens. Comparativement au système DGT, Boris faisait figure d’artisan et de professeur Tournesol à la fois. Ses idées de développer son système dans les écoles ou entre villes reçurent de l’écho ; il y eut ainsi un match de parties rapide entre Paris et Saint-Pétersbourg sacralisé par le duel Kortchnoï-Fressinet où le jeune Français eut à subir une défaite devant un Kortchnoï toujours aussi ravi d’infliger des bulles aux jeunes. La photo des deux champions figure encore d’ailleurs sur le site.
Je fus un temps comme l’impresario de Boris pour des tournois en France et en Espagne ; je lui avais écrit en anglais une bonne partie de la présentation de son site. À Linares, Boris envoya son employé qui trouva le moyen de vendre le système aux développeurs locaux. Mais Boris le malin n’avait pas mis l’intégralité du programme dans ses machines de sorte que le système subit quelques bugs…
Je me souviens particulièrement du tournoi de Novgorod 1996 avec Kasparov, Kramnik, Topalov, Short. Des matches de foot avec les champions. De Short qui se fit mordre par un chien car il voulut se baigner dans la rivière Volkhov! Des saunas dont Boris et les Russes raffolaient ; des discussions sans fin sur l’avenir de son système. Il y eut aussi une soirée mémorable à déguster des pizzas avec Aronian sous un abribus à Lausanne, matraqué par une pluie battante et racontée ici.
Avant de partir en voyage, Boris ne manquait jamais de s’acquitter de la tradition russe : il s’asseyait quelques minutes sur une chaise pour y laisser les mauvaises vibrations, sans un mot.
Une « longue et pénible » maladie l’a emporté.
Entretien de 2006 avec Boris et une grande partie des idées qu’il comptait développer.
00:12 Publié dans Le jour où... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Tags : pergericht, yeshan, moingt, winants, clichy, aronian, le soir |
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