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30 septembre 2013

Blitz Carlsen-Fressinet: "Too weak, too slow"

"Too weak, too slow". (trop faible, trop lent) C’est ainsi que le numéro un mondial Magnus Carlsen a chambré Laurent Fressinet dans un blitz à la parlante joué à Kragerø (Norvège) sous le regard amusé d’au moins un GMI, Ludgwig Hammer. En plus de Nielsen, ces deux GMI seront ses secondants pour le match du championnat du monde contre Anand.

La vidéo de ce blitz publiée le 7 août sur la page Facebook de Carlsen montre le numéro un mondial détendu et à l’aise avec son équipe.

Fressinet était mieux et comme d’habitude, le numéro un mondial embrouille son monde en finale. Certes Fressinet lui fait remarquer qu’il avait des supporters, mais lui aussi l’a bien chambré ! Et presque chamboulé.

La partie vaut le détour. On n’analyse pas les blitz, mais Echecs64 a reconstitué pour vous la partie jusqu’au mat placé en plein milieu de l’échiquier par Carlsen.

Le slogan 'too weak too slow' fait partie de l’empreinte psychologique que cherche à imposer le champion. Et par là même de la confiance à gagner pour un match à haute tension. On note sur la table un livre sur les finales (Chess Endings). On ne sait jamais.

 

Carlsen-Fressinet (blitz, août 2013)


1. d4 Nf6 2. Bg5 e6 3. e4 h6 4. Bxf6 Qxf6 5. c3 d6 6. Nd2 g5 7. Bd3 Bg7 8. Ne2 Nc6 9. O-O Bd7 10. f4 O-O-O 11. e5 Qe7 12. exd6 Qxd6 13. Ne4 Qe7 14. Nc5 Nxd4 15. Nxd7 Nxe2+ 16. Qxe2 Rxd7 17. f5 Rhd8 18. Rad1 Kb8 19. fxe6 fxe6 20. Be4 a6 21. g3 Qc5+ 22. Kg2 Qe5 23. Rxd7 Rxd7 24. Re1 Rd6 25. Bf3 Qxe2+ 26. Rxe2 b5 27.Bg4 e5 28. Bf3 Ka7 29. Kh3 Kb6 30. Kg4 a5 31. Be4 b4 32. cxb4 axb4 33. Rc2 c5 34. b3 Rd4 35. Kf5 c4 36. bxc4 Kc5 37. Bd5 e4 38. Bxe4 Rxc4 39. Re2 Rc3 40. Kg6 Bd4 41. Bc2 Be3 42. Bb3 Kd4 43. Kxh6 Kd3 44. Rg2 Ke4 45. Kh5 Kf3 46. Bd5 mat

 

2013_2weak_2slow.JPG

26 septembre 2013

Grand Prix FIDE à Élancourt : visite guidée

Le Grand Prix FIDE se joue au siège de la Fédération Française des Échecs, à Élancourt, dans l’abbaye de la Commanderie des Templiers de la Villedieu. Grand Prix de Paris 2013 car la capitale était la destination initiale. Mais pour un billet de 150 000 € de différence rien qu’en location de salle, le calcul a été vite fait par la FIDE.

grichtchouk_kibbitz.jpg
Les conditions de jeu sont superbes. C’est la dernière partie du Grand Prix de la FIDE qualificatif pour le championnat du monde. Ces grands maîtres de top niveau sont très très sérieux et leur concentration est immense. Les spectateurs sont notoirement absents et à peine désirés. Pour la FIDE, seules comptent les connexions Internet !

Une vingtaine de sièges leur sont réservés dans la salle où le commentateur officiel, le GMI Tiviakov parle en anglais pendant des heures en débitant seul idées et variantes. J’ai pas eu peur bien que ‘Tivi’ soit le portrait craché du tueur en série français Francis Heaulme.

Il est impossible de s’asseoir dans la salle de jeu sauf à faire un sit-in de protestation. Bon, l’arbitre principal Laurent Freyd veille au grain. De petits écrans de télévision retransmettent dans la petite abbaye tout en longueur les parties avec les temps.

Il n’y a rien à boire ni à manger pour les spectateurs. Il faut donc amener sa gamelle. Du coup, quelques joyeux drilles d’un club de banlieue sont venus avec le pack de bière qu’ils ont lâchement abandonné dans la mare aux canards toute proche face au siège de la FFE. Encore des joueurs qui ne sont pas écolos ! Les spectateurs les plus réguliers sont les chauffeurs de taxi ramenant les joueurs ayant fini leur partie à leur hôtel à Versailles.

frigo_gp.PNGLes toilettes pour spectateurs sont dans une bâtisse proche. L’alarme se déclenche quand on y pénètre, il paraît que c’est normal d’après les gens de l’accueil distribuant  gratuitement les cartons de type carte poste rectangulaire à l’effigie de chaque joueur permettant de ravir les chasseurs d’autographe. A part ça, le spectacle vaut la peine si l’on n’a jamais vu en chair et en os de tels champions ! Ils ne seront pas virtuels mais bien réels et tous abordables avec le kibbitz venu les interroger ou leur faire signer un bouquin.

Ronde 3 : Beaucoup de parties décisives

nak_bac_1_0.jpgBacrot en simultanée

Nakamaru-Bacrot 1-0 : on pouvait attendre du spectaculaire dans cet affrontement. On a eu une partie digne d’une séance de parties simultanées avec le Français dans le rôle de la victime consentante contre le GMI qui joue debout contre ses adversaires avec les tables réparties en fer à cheval. Étienne est passé complètement à côté et a donné une pièce dans le désert. Son calvaire a continué avec les questions ineptes de la conférence d’après-match. Tiviakov lui a demandé « s’il s’était préparé ». Bacrot, mi-colère mi-amusé lui a répondu qu’il se préparait « faure-ol-ze-gai-m’z » avec son accent français aussi fort que celui de Fressinet et qu’un camembert de Normandie.

Guelfand : école russe
Boris Guelfand fait les cent pas. Traduction, il est bien. Il a vissé de belle manière le Cubain Leinier. J’ai vu Boris gagner des dizaines de parties comme cela : il combine les principes de l’école russe avec le dynamisme qu’il injecte dans son jeu de pièces. Il a complètement cafouillé dans son avantage mais a fini par gagner.

Ivantchouk-Wang (1-0) : rien compris, mais Tchouki a fait danser puis chanter ses pièces.
mur_joueurs.jpgChouchou contre Tchoutchouk (Fressinet-Ivantchouk 0-1)
Une fois de plus, Laurent Fressinet, ex-chouchou fédéral, a montré qu’il est aux portes du top mondial : il se crée de bonnes positions, provoque les chances avec un opportunisme rieur comme quand il était 2300, rate un coup avec énorme avantage et finit par perdre cette fois. Il a joué trop vite de manière incompréhensible. Se faire déjouer par Ivantchouk n’est pas étonnant.

Ce dernier a cessé de se crotter le nez  – le signe imparable qu’il a une position supérieure – et s’est pris les mains dans la tête. Résultat ? Tchouki a mis la locomotive de l’arnaque en route et a fait tourner les tables comme un derviche ! Le Français s’incline. Dommage et quel gâchis car il serait revenu dans le tournoi après sa partie perdue la veille contre Caruana.

Giri-Tomate (Giri-Tomashevsky), nulle sans intérêt.
Faut pas arriver une heure après le début de la ronde, parfois, deux joueurs ont envie de rentrer à leur hôtel.

Grichtchouk-Ponomariov
Ai bien cru que Grichtchouk allait visser Ponomariov encore et encore. Pas compté le nombre de cigarettes que le Russe fumait en passant par la porte de côté pendant ses parties, mais Ponomariov est resté à la table. Même tête sérieuse qu’à ses 14 ans. Il se défend d’arrache-pied et prend une nulle méritée.


Site officiel, parties en direct à partir de 15h (jour de repos le 26/9)

Page dédiée FFE

Infos blitz sur le compte twitter Echecs64

22 septembre 2013

Réunion des ligues : gaffes fédérales

Le président Diego Salazar alias Don Diego a décidé de sortir le lasso. Émoustillé par le recrutement plus que probable de Marie Sebag alias Souris Blanche (sur Internet) par son club Chat-Long, il a décidé de faire un grand numéro de câlinothérapie aux ligues. Toutes étaient convoquées mi-septembre  – « conviées en vue d’échanger en toute convivialité »  comme il est écrit en langue de bois sur le site. Bref, un triple saut d’amour à Élan-court.

Première gaffe fédérale
Aucun bus ou covoiturage n’a été prévu afin d’acheminer ce beau monde venu de toute la France dans la Commanderie des Templiers (Élancourt, Yvelines), siège fédéral à une heure et demi par les transports en commun du centre de Paris.
« J’ai mis plus de temps pour venir en TGV de chez moi à Paris que pour faire Paris-Élancourt » s’amuse presque ce président de ligue. « Métro, train, bus et après l’arrêt de bus, il faut marcher longtemps et il pleuvait. » Marche ou rêve, prochaine devise fédérale.

Deuxième gaffe digne du mat du berger
Aucun club ne la ferait, pas même dans une AG ordinaire : zéro feuille de présence ! Et pourtant, pas mal de spécialistes du coupage de pattes de mouches en quatre étaient dans la salle.

Il y avait même le directeur général, les vice-présidents et la secrétaire générale. Mais c’était le ouikend, toutes les cravates étaient restées au vestiaire. Du coup, la FFE annonce sur son site « une vingtaine de ligues ».


D’après l’album photos, j’en vois dix-huit max. Bien sûr, les ligues ultra-marines ne sont pas venues. Petite larme : la ligue de Corse non plus. Son président semble avoir décidé une fois pour toutes de ne pas exporter la convivialité légendaire de son île, mais d’exercer son droit de bouder et au passage de refuser le verdict des urnes.

Don Diego fait tourner sa feuille de paie
Pour que les choses soient claires, le président a fait tourner sa feuille de paie. Comme un joint, tout le monde s’en est délecté. Sauf erreur, l’information n’est sortie nulle part depuis mars alors qu’elle pourrait être publique. Apparemment elle serait légèrement supérieure (en net) à son Elo (2005). Nous voilà rassuré ?

Top 12 : tirage au sort perdant
Grand moment de comm’ : le tirage au sort entre potes des rencontres du championnat de France des 12 meilleures équipes (Top 12). On a eu les photos, mais pas le son des appariements planqués au fin fond du site après 7 clics. Mais tous ont bu un bon coup au nom de « cette compétition phare de notre fédération ». C’est nous qui paie.


On se dit tout ou presque
Parmi les thèmes abordés, le partenariat avorté avec Europe Échecs. C’était couru d’avance, mais tout le monde s’en fout puisquun vice-président fédéral a refait affaire avec cette structure dans un autre cadre par ailleurs.

La ligue d’Île-de-France (1/6e des licenciés) a claironné sur son site avoir enfin obtenu un nombre de qualifiés pour les championnats de France jeunes en rapport avec son nombre de licenciés. Comme si une barrière province-Paris avait été brisée… Sans rire, j’entends cette demande enfin exaucée depuis mes premières années de compétition soit… 1975.

Le pack, prix champenois Magnum
La FFE a mis en ligne un pack de communication que les clubs peuvent s’acheter. Coût : 360 euros ; hors de prix, mal ciblé pour les besoins des petits clubs. Le plus drôle ? Ce pack a été fait par une entreprise corse euh… pardon par une entreprise du côté de Châlons-en-Champagne. Bref, on ne prend pas les mêmes, mais on recommence.

Les présidents de ligue dont le club n’avait pas voté Salazar se sont exprimé dans une atmosphère franche mais pas toujours chaleureuse. Une ligue avec 400 licenciés a fait de la résistance comme dans une guérilla urbaine et dans le plus pur style des affrontements au sein des associations.

Un audit inaudible que personne ne veut voir
Le moins drôle de tous les sujets mis sur la table et là où la FFE a un bâton de dynamite dans les mains, c’est à propos d’un « audit interne » en cours sur la gestion de la fédération. J’en tremble de joie. Peut-être qu’une fois tout analysé, un vrai cabinet de pros se mettra sur l’affaire avec le commissaire aux comptes. On parie que Don Diego fera circuler le rapport d’analyse ?

Croissez et créez
Diego de la Vega a demandé sans rire aux présidents de ligue de « créer des clubs ». Un, tu trouves le bénévole rare qui va se taper tout le travail, ranger les jeux, faire en sorte que les toilettes soient toujours propres. Deux, le local. Trois, la mairie sympathique qui va te subventionner et t’aider. Et pourquoi cette demande ? La FFE perd des clubs ? Elle se fourvoie à faire de la licence B dans les écoles ?

Nouveau onglets du site : raté ?
Si on veut trouver le classement d’un joueur ou le nom d’un club, il faut chercher dans le bazar de présentation du site de la FFE. Ces deux onglets étaient en valeur dans la barre du haut, ils sont maintenant remixés pour qu
’on ne les voie pas. Rappel : la FFE est une fédération de clubs avec dedans un truc qui s’appelle joueurs.

On leur a préféré ‘Mon compte’ , ‘Directeurs de groupes’,  ‘Gérer son club’ sans parler de ‘Zone de jeu’ dont le lien ne marche plus.

Pour se replier sur soi-même et ne pas communiquer, la FFE peut encore mieux faire.

19 septembre 2013

Grand Prix de Paris à... Élancourt (Yvelines)

L’une des étapes du Grand Prix FIDE a été rattrapée par les bretelles pour se jouer à Élancourt (Yvelines), au siège de la fédération française des échecs (FFE) à partir de samedi 21/9. Pour ceux qui n’y sont jamais allés, c’est un endroit superbe, classé historique (voir en 3D) avec une gentille mare aux canards et un restaurant coquet et correct à côté.

Pour tous les étrangers, la Fédération internationale (FIDE) sort l’intox du ‘Grand Prix de Paris’. Sur la page officielle de la FIDE, par la plumitive grand maître Alina L’Ami, on nous chante les louanges de Paris avec force photos. Qui veut lui acheter un GPS à Noël ? Coordonnées 48.764923,1.965388 selon la FFE.

Grand Prix : c’est où Élancourt ?
Le Grand Prix n’ayant plus de pays hôte, la FIDE avec la FFE ont organisé « à l’arrache » le Grand Prix « à Paris ». Beaucoup de journalistes spécialisés étrangers se sont laissé berner et la FIDE en rajoute une couche dans l’intoxication totale.

Non, le GP de Paris ne sera pas à Paris, mais… au siège de la FFE à Élancourt, dans les Yvelines.
C’est où, Élancourt ? Ben comme d’hab depuis des décennies avec la FFE, c’est l’endroit où habite le directeur général. Les autres n'ont qu'à suivre. D’ailleurs pratiquement personne du Comité directeur n’y passe en dehors des réunions officielles sauf Diego Salazar le président, de temps en temps. Purée, c’est qui le patron à la FFE ?

Plus exactement à 40 min en voiture du centre de Paris (sans trafic), à 16 km de Versailles et à au moins une heure et demi par les transports en commun de Paris. En d’autres termes pour venir mater  les grands champions sans voiture, c’est échec… et mate pas.

2013_Templiers-20pc.JPGGrand Prix à l’arrache
A l’origine, le GP devait se jouer dans une grande ville, l’organisation en avait été confiée à une entreprise anglaise AEGON. Comme tant d’autres, AEGON a fait pschitt dans les échecs en nous promettant les lendemains qui chantent du marketing.

Au passage, ce machin avait embauché et délocalisé de France le GMI Fontaine… On le retrouve très actif sur les photos ces temps-ci, il est dans la liste du président Salazar qui a remporté de 17 voix les élections en mars.
Le virage à 180° dans les relations avec la FIDE ne s’est pas fait attendre. En lieu et place de rodomontades et d’une absence de dialogue institutionnel, la FFE a repris langue avec le patron, le Kalmouk Kirsan Ilioumjinov.

C’est plutôt heureux pour au moins une chose : le français est l’une des langues officielles de la FIDE et cela aura peut-être une influence dans les pays francophones qui ont été, les pauvres, totalement négligés par l’ancienne équipe fédérale...

Historique intéressant de la Commanderie des Templiers sur la page Wikipedia

Echecs64 sur twitter: la FFE vue d'avion

Les dernières actus sur le fil rouge compte Facebook Echecs64

La page officielle de la FFE nous donne la liste des participants. Elle annonce aussi une exposition « Les Femmes et le jeu d’échecs ». Pourquoi pas une exposition sur « Les hommes et le jeu d’échecs ». Ils sont quand même majoritaires à la FFE comme à la FIDE, non ?

Les Français Bacrot et Fressinet risquent de souffrir. Bacrot et Fressinet sont au départ 1er et 4e. Dans l’ordre alphabétique, bien sûr.
 
Étienne Bacrot (France)
Fabiano Caruana (Italie)
Leinier Dominguez (Cuba)
Laurent Fressinet (France)
Boris Guelfand (Israël)
Anish Giri (Pays-Bas)
Alexander Grichtchouk (Russie)
Vassily Ivantchouk (Ukraine)
Hikaru Nakamura (États-Unis)
Rouslan Ponomariov (Ukraine)
Evgueny Tomashevsky (Russie)
Wang Hao (Chine)

16 septembre 2013

Dieppe : Istratescu, les Rolling Stone et le diable

Internaute 3G pressé par le temps, le contretemps en pas chassé du résultat final de l’open de Dieppe (25-31/8) est aussi fulgurant qu’un but improbable de l’équipe de France de football contre l’Allemagne. Le co-champion de France 2012 Istratescu, lui, a marqué 8 buts sur 9. Il a concédé un ballon nul avec les noirs contre l’ancien pro de foot norvégien, le GMI Simen Agdestein et remporte seul cette 9e édition.

 

dieppe,istratescu,agdestein,marshall,capablanca,eden,bouton,gournay-en-brayLe plus impressionnant chez Istra n’est pas son score final mais sa perte de poids spectaculaire qui a pris à revers les photographes (dans leur cuisine) des sites spécialisés : moins 30 kg en 3 mois, c’est un truc à faire déposer le bilan à Jean-Michel Cohen Limitée comme on dit au Québec.

La recette ? Footing matutinal obligatoire avec enchaînement pongiste sous la houlette d’une ex-championne d’Europe de la petite ba-balle où les Chinois excellent.

A noter aussi son extraordinaire volonté sur l’échiquier, son style « d’écrase-patates » (patate = joueur faible) y compris dans les parties clés contre de forts joueurs, ses cigarettes enchaînées comme une combinaison de mat et un système nerveux central pas encore stabilisé. En langage vulgaire, Istra est une boule de nerfs.

Istratescu, le blog intersidéral et Tregoubov
On ne se connaissait pas avec Istratescu, mais on s’est tutoyé d’emblée comme deux Espagnols. Sa première remarque a été : « Qu’est-ce que je me marre avec ton blog quand tu appelles par exemple Tregoubov ‘très beau gosse’ ». Le plus drôle ? Ce GMI ex-entraîneur fédéral vient d’être licencié (licence fédérale à Clichy œuf corse) par la nouvelle équipe FFE.

Zéro médaille ramenée, pratiquement zéro présence au siège alors qu’il était salarié. Entraîneur privé d’un jeune Corse doué. Il avait sûrement des qualités puisque l’équipe précédente avait crû bon de lui établir un CDI à 2450. Pas en points Elo, mais en euros (brut). Sans objectif particulier il est vrai. Il paraît que Didier Deschamps a chouiné auprès de la FFE pour concurrence contractuelle déloyale.

Le péril jeune, un vieux péril
Finalement, ce tournoi de fin de saison, c’était la plage. Dans la dernière ronde, la jeune délégation du club voisin de Gournay-en-Bray s’est affublée de couleurs fluo plein les cheveux. Ils et elles étaient gais comme des pinsons. Les spectateurs aussi. Le style after + hype est si rare dans les échecs...

Le tournoi ? C’était beau, c’était grand. Beaucoup de « jeunes sous-classés » ont râlé certains. Eh oui, c’est le propre du péril jeune : progresser donc être sous-classé. Il y avait à l’inverse le péril vieux. Sous-classés sur certaines parties, avec du métier paraît-il. J’en ai vu quelques-uns à la dérive qui sont toutefois remontés.

A Dieppe comme ailleurs, on avait toutes les raisons d’être mauvais perdant ou d’attribuer sa prestation à une visite trop matinale (11 h tout de même) en mer pour voir des dauphins par exemple.

Le sport et la fête à neu-neu
Pour tous les sportifs (car oui le jeu d’échecs est administrativement reconnu sport, interdit de rire) qui ont séché (façon de parler) la piscine d’eau de mer, le casino le soir ou la visite du superbe château et de ses expositions d’ivoire, Dieppe restera un endroit où l’on respire bien dehors.

Contrairement aux Rolling Stones qui affirment que les galets sont les seules pierres qui ne sont pas un motif de satisfaction, la marina Dieppa (en corse dans le texte) est à recommander.

Respirer et souffler n’est pas jouer
Côté salle des 'patates', les ventilateurs d’opérette du Palais des congrès n’ont rien pu faire contre le CO2 éjecté par la gente des 64 cases au bout de quelques heures de jeu.
Pour s’amuser, il restait en début de tournoi un passage à la fête foraine sise le front de mer. Une montagne russe avec de l’eau et si tu veux gagner des peluches ou être fortiche en tir sur des ballons rebondissants, ça fait du bien à l’ego et mal au porte-monnaie.

Dieppe, les Rolling Stones et le diable
Venir à Dieppe de Paris avec deux ados déchaînées chantant à tue-tête en mode My Sweet Lady Jane et qui t’imposent du Rolling Stones à 130 km/h c’est sympa, mais l’amende se paie en points Elo. Dans toutes les parties du tournoi, le diable s’est invité dans mon cerveau en chansons et en chantant avec Sympathy For The Devil.

" Please allow me to introduce myself,
I’m a man of wealth and taste

I’ve been around for a long long year
Stole many a mans soul and faith

… Pleased to meet you
Hope you guess my name, oh yeeeah”

La même en audio (7 min)

Le 'Oh yeaaah' et le groove étaient ingérables et aussi permanents et lancinants que tes problèmes d’arthrose, petit scarabée.

Quand le diable est au paradis
L’apogée ? Le diable (ou sa chanson) ont pris la peau du talentueux junior James Eden dans notre partie. Avec les noirs, Jessie James a fait son shérif en manipulant le gun du champion américain Frank Marshall.

Il m’a ressorti une arme vieillotte, piégeuse, réfutée mais affûtée de la partie Capablanca-Marshall… de 1914 !
Marshall avait attendu des années avant de la placer au génial Cubain. Plus de sympathie possible pour le diable lequel avait pris la peau du jeune Eden. Happé par le paradis d’Eden, je fus balayé en enfer. Mais quand la musique est bonne, il faut faire bonne figure. Une bulle avé le sourire et félicitations au jeune homme.

Dieppe : bis repetita ?
Please allow me to revenir l’an prochain. Je m’y prendrai tôt pour la registration (et non avec le faux ami « ze inscrip’chion » comme il était annoncé en anglais au micro lors du tournoi de blitz). Sans Sweet Lady Jane et avec un grand coup de Metallica pour contrer cette sympathie pour le diable.

Zi end.

Les dernières nouvelles sur le compte twitter Echecs64

Mur peint en plein Dieppe dans une petite rue derrière le front de mer
Brighton 132 km, Paris 161 km

 

dieppe,istratescu,agdestein,marshall,capablanca,eden,bouton,gournay-en-bray


 
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