06 mai 2013
Trophée Roza Lallemand à Villandry
Le trophée Roza Lallemand a lieu le 11 et 12 mai au château de Villandry appartenant à l’ex-président de la FFE, Henri Carvallo. Membre de l’ancienne équipe, M. Carvallo ne s’est pas retiré dans son château avec ses ouailles pour jeter de l’huile au travers des meurtrières. Il ouvre une fois de plus les portes du pont-levis virtuel pour un championnat de France de parties rapides pour ces dames.
Un grand nombre de fortes joueuses seront là dont Marie Sebag. La liste des prix n’est pas publiée. On dirait que l’argent est sale dans le milieu des échecs alors que seul le top 15 mondial gagne correctement sa vie. Le reste survit et en France, un maître international gagne péniblement le salaire minimum.
La FFE donne la liste des participantes. Le trophée suppose que Roza Lallemand née Te (prononcer ‘tio’) est décédée. C’est malheureusement exact. Cette joueuse discrète originaire d’une minorité coréenne mais élevée en Russie est morte subitement en 2008 à l’âge de 47 ans à son domicile d’une crise cardiaque.
Le site BNParisbas consacré au jeu d’échecs s’obstine depuis des années à donner une équipe de France datant de ces années-là où figure… Roza Lallemand. L’erreur n’a pas été corrigée malgré un signalement bloguesque ici même. Heureusement, ce trophée nous rappelle que cette joueuse avait un style d’attaque sans compromis.
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30 avril 2013
Kasparov à l’Unesco en juin : annulation !
Les journées de l’Éducation et de l’Innovation auxquelles devait participer comme l’an passé Kasparov ont été reportées.
Elles devaient avoir lieu le 3 et 4 juin au siège de l’Unesco, à Paris. Aucune explication officielle n’a, à ce jour, été avancée.
Cette fois, tout devait se dérouler dans la grande salle reservée aux assemblées plénières (caméra, traduction simultanée) ainsi que dans des salles annexes pour des ateliers.
Étant donné l’agenda surchargé de Kasparov, de tous les intervenants de haut vol prévus et du propre agenda des salles de l’Unesco, il sera difficile de remonter pour sûr un projet aussi ambitieux.
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26 avril 2013
Mémorial Alekhine : Énormes victoires des Français contre Kramnik et Svidler
Les spectateurs s’en souviendront. Les internautres n’en croyaient pas leurs yeux. Et tous les autres ne se lasseront pas de rejouer les parties. Vachier-Lagrave a battu Svidler sur une Grünfeld... que Svidler a cherché à éviter.
Il a perdu le fil alors qu’il restait une paire de tours, un cavalier blanc et un fou noir. Le Saint-Pétersbourgeois préfère les parties complexes. Maxime a passé un cap dans ce volet parisien. Il a pris son temps pour exécuter techniquement l’ouvrage et prendre provisoirement la tête avec +2 (2 victoires 3 nulles).
Le plus énorme a été Laurent Fressinet. Avec les noirs, il joue une défense risquée, la Tchigorine (1.Cf3 d5 2.g3 Cc6 3.d4 Fg4) sur les conseils de son secondant hongrois Richard Rapport.
Un bon rapport qualité/prix celui-là. Vice-champion du monde junior 2012 derrière Ipatov et devant Ding, ce jeune de 17 ans a le même culot que Fressinet au même âge en beaucoup plus fort. Une sorte de 'all in' au bluff contre Kramnik ? Un hommage rendu à Alekhine pour une partie pleine de feux d’artifice ?
Kramnik n’a pu jouer la visse sur le début Réti. Fressinet gambite un pion, fait le grand roque. Psychologiquement, c’est gagné car Kramnik n’est plus chez lui. En d’autres temps, il aurait relevé le défi et trouvé le chemin le plus stressant pour les noirs. Mais Kramnik paraît absent dans ce tournoi. En fait, il est chez, lui... à Paris, devant répondre à moult sollicitations.
Revenons à la partie. Les noirs ont trop de jeu pour la pièce sacrifiée d’un point de vue pratique. Partie d’école : roi au centre, pièces non développées, colonnes h et g ouvertes pour les noirs. Tout y est et Fressinet est en mode automatique.
Kramnik abandonne au 32e coup. Il s’est fait massacrer avec les blancs. Si l’on avait masqué le nom des joueurs, on aurait parié ni sur l’un ni sur l’autre. Fressinet ne gambite jamais. Kramnik n’a pas perdu avec les blancs une partie lente en moins de 32 coups depuis sa jeunesse !
Oui, ce fut une journée mémorable et ensoleillée. Fressinet, toujours bonhomme, répond aux sollicitations des nombreux joueurs de clubs chassant l’autographe à la sortie. La presse russe n’en a fait qu’une bouchée. Il enchaîne dehors, toujours dans sa partie.
Fressinet aussi vient de passer une barrière. Kramnik n’est plus là-haut sur la montagne du Elo et invincible avec les blancs. Avec son nouveau préparateur de potion magique, le Français pourra encore sûrement surprendre. A Saint-Pétersbourg, la lutte pour savoir qui est le patron sur l’échiquier sera rude.
Pour le plus fort tournoi joué à Paris dans les temps modernes, ces cinq rondes furent une réussite. De belles batailles, pratiquement pas de nulles de camouflage. Anand en embuscade, prêt à bondir en mode tigre. Aronian revient quand on le croit perdu. Des Français prêts à bien faire devant leur public. Une organisation à 2900 Elo respectueuse du joueur amateur et de club. Coucou et merci aux sponsors russes Filatov et Timtchenko. Suite et fin du tournoi avec les quatre dernières rondes à partir de dimanche à Saint-Pétersbourg.
Ronde 5
Svidler-Vachier-Lagrave 0-1
Anand-Ding 1-0
Kramnik-Fressinet 0-1
Guelfand-Aronian nulle
Adams-Vitiougov nulle
Parties commentées en anglais sur le site de ChessBase
Vachier-Lagrave est seul en tête avec '+2' (2 victoires, 3 nulles soit 3,5 sur 5) suivi de quatre joueurs à '+1' (3 pts sur 5): Aronian, Adams, Fressinet, Guelfand.
© Photos site Éric Cheymol
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Dimanche, parties en direct à 12 h, heure de Paris
Sur le site officiel et commentées en trois langues : anglais, français, russe.
Sur whychess.com ou sur chessbomb avec des analyses de l’ordinateur Houdini.
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25 avril 2013
Mémorial Alekhine : Fressinet n’attrape pas le Mickey
Ronde 4 : Une seule victoire et le retour de Levon Aronian ! L’Arménien joue une partie d’entrain, défie puis pulvérise à l’énergie la Grünfeld du Russe Svidler. Quatre joueurs sont à ‘+1’ (un demi-point au-dessus de la moyenne soit 2,5 sur 4) : Vachier-Lagrave, Aronian, Guelfand et Adams.
La 5e ronde du jeudi 25/4 est la dernière à Paris avant les quatre dernières à Saint-Pétersbourg.
Dans la série il est difficile d’attraper le Mickey dans la foire aux 64 cases, l’Anglais a été récompensé de ses efforts face à Fressinet. Adams ne se lève jamais de sa chaise et a poussé Fressinet en zeitnot alors que le Français a toujours eu le ballon. A l’instar du foot, avoir le ballon est une chose, le mettre au fond en est une autre.
L’occasion la plus claire s’est présentée au 39e coup. Oui, cette zone du Triangle des Bermudes où l’on peut perdre ses moyens ou ses avantages. Dommage, le Français a fait une super partie.
Tiens ! SeulsGuelfand et les deux Français sont invaincus !!
Au lieu de 39.g6 Cf6! (nulle au 72e), il fallait éliminer un cavalier d’abord par 39.Fxc3! Cxc3 40.g6 fxg6 (40...Db2 41.gxf7+ et mat) 41.fxg6 (41…Db2 42.De6+) et l’attaque conjuguée sur h7 et la colonne e avec la tour a1 est mortelle.
Appariements ronde 5 à 14 h
Svidler – Vachier-Lagrave
Anand-Ding
Kramnik-Fressinet
Gelfand-Aronian
Adams-Vitiugov
Parties en direct
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23 avril 2013
Mémorial Alekhine : Adams le pion à tous
L’air pollué de Paris a-t-il donné des ailes aux joueurs? Cette deuxième ronde a été aussi palpitante que la première. Des parties spectaculaires ont effacé la nulle respectueuse des chemins sinueux de la Grünfeld Fressinet-Guelfand.
Anand a souffert pour tirer sa nulle contre Vitiougov dans une finale de tours. Le Russe n’aurait pas dû échanger les dames selon Sosonko.
Concentration à 600 secondes
Le premier à se présenter sur la scène est le Chinois Ding Liren. A 21 ans, c’est le plus jeune de la troupe. Plus de 600 secondes avant le lancement de la ronde, il arrive et se prend la tête dans les mains. Le compteur est lancé sur l’écran et égrène à rebours les secondes. Puis chacun prend sa place. Svidler devise avec l’arbitre principal, Boris Pastovsky.
Les trois autres parties seront toutes gagnées par les blancs : Aronian-Kramnik, Vachier-Lagrave – Ding Liren et Adams-Svidler.
Adams le pion à tout le monde
Adams est le seul joueur à avoir fait le plein. Il a joué comme chez lui, case par case sur un système anti-Marshall. Il sera l’homme à abattre dans les prochaines rondes. (photo É. Cheymol)
Kramnik : la Semi-Tarrasch, machine à perdre ?
Kramnik, avec les noirs, s’est entêté à jouer la Semi-Tarrasch : on échange toutes les pièces pour passer en finale. Aronian a expliqué « avoir dévié le premier [par rapport à leur partie au tournoi des Candidats] ». A regarder la finale de pièces lourdes avec un pion passé central, on aurait pu croire que Kramnik avait les blancs et qu’il allait visser et concrétiser. Que nenni ! Cette fois, le Russe parisien a fait quelques fautes et n’a rien pu faire ensuite, ce qui remet Aronian en selle.
MVL : enfermer des fous, c’est fou.
Vachier-Lagrave part fait décoller sa fusée : la variante d’avance de la Caro-Kann. Clairement, il est en terrain connu : il a réfléchi 32 min pour ses 16 premiers coups alors que Ding a réfléchi le double.
Le problème n’est pas là en fait : Maxime a sacrifié du pion pour enfermer les pièces noires. Du grand art… préparé à la maison. (photo É. Cheymol)
La partie se terminera par un réseau de mat sans que les noirs aient eu la moindre chance de contre jeu avec un fou noir enfermé en f8 pour la vie (pions e7, e6, g7), un fou g8 et une tour h7.
Ce bijou a été salué par tous les commentateurs, notamment la paire Pelletier-Mullon qui a fait du bon job avec ces parties très dures à commenter sans moteur d’analyse !
Maxime reviendra-t-il plus fréquemment à 1.e4?
Par certains côtés, cette partie me rappelle la partie dantesque Morozevitch–Vachier-Lagrave (Bienne 2009) où les noirs avaient aussi des pièces enfermées.
Visite gratuite du blog d’Éric Cheymol, photos de la 2e ronde.
Parties à revivre et commentées en anglais sur TWIC.
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