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04 juillet 2014

Se préparer contre Gromovs : Ausmins alors !

Un train peut en cacher un autre. C’est Gromovs comme une maison. Sergejs Gromovs, en arrivant en Italie, s’est fait appeler et a joué sous le nom d’Elmar Ausmins. Il a été suspendu en 2001 par la fédération italienne à cause des « doutes sur son identité » (sic).

La Lettonie avait lancé une demande d’extradition car Gromovs avait été condamné à dix ans de prison pour un vol supposé de documents et de choses dans un appartement. Disproportionné ? Après un séjour par la case prison en Italie, le permis de séjour de Gromovs a été prolongé. Il vit et sévit aujourd’hui en Italie.

Mais restons sur les 64 cases : Ausmins avait 2340 Elo en 1999-2001. Après cette date, Gromovs réapparaît dans les bases de données avec le même répertoire d’ouverture qu’Ausmins. Au fil du temps, le Elo de Gromovs a joué aux montagnes russes jusqu’à perdre de manière régulière dans des tournois fermés contre des 1800 Elo.

Ce génial Letton nous revient en pleine face au championnat de Paris dans l’open A (son Elo est trop fort pour qu’il puisse jouer le « petit » championnat de Paris) avec un Elo de 2217.

Il jouera toutes ses parties en moins de 20 min. Il se fera discret. Son yoyo au Elo n’est pour l’instant pas puni par la FIDE. Mais dès qu’il perdra ou qu’il n’aura plus de chances de gagner un prix, il fera forfait.
Ah ! Un dernier truc. Même s’il écope d’une suspension de trois mois de jouer en France après son forfait, il s’en bat les pions : il n’y aura aucune demande d’extradition pour la prochaine édition du championnat de Paris. Il sera le bienvenu et pourra rejouer encore. Chouette!

Fiche du Elo FIDE de Gromovs

Archives bloguesques sur Gromovs

 

ChIP_Affiche_2014L.jpg

Mauvaise blague mise à part, le championnat de Paris débute samedi 5 juillet au stade Charléty avec du gros lourd dans le tournoi FIDE (une cinquantaine de participants), plus de 120 participants dans l’open A où joue Gromovs.
Le « CHIP » (championnat international de Paris) devrait rassembler pratiquement 600 participants tous tournois confondus.

26 juin 2014

Gromovs : retour à Paris du dégonflé du Elo

Sergejs GROMOVS va rejouer non pas le championnat de Paris, mais les championnats de Paris à partir du 5 juillet : le « petit » dans l’après-midi et le grand open A pour les amateurs de 1800 à 2300 Elo le soir.
Gromovs vit et sévit en Italie. Ce joueur est un maître FIDE, c’est-à-dire qu’il a au moins une fois dans sa vie passé la barre des 2300 Elo. Joueur est un bien grand mot car son attitude constitue une insulte au jeu d’échecs.

Gromovs est un homme moderne. Il a contracté le temps. Il joue toutes ses parties en blitz et prend rarement plus de 20 min de temps de réflexion pour toute la partie. Sa stratégie ? Mettre la pression sur l’adversaire, jouer des lignes forcées style gambit Benko avec les noirs et surtout chasser les prix dans les petits tournois réservés aux moins de 2300 ou 2200 Elo. Et que fait-il quand son Elo est trop fort ? Eh bien, il le dégonfle.

gromovsQuelques exemples : Elo de décembre 2013 : Gromovs avait anticipé la période des soldes : - 46 pts en deux tournois.

Elo de mai 2013, - 30 pts sur 4 parties au Mémorial Berruto avant de rafler le prix à Gonfreville l’Orcher avec 6 sur 7 sur la même période.

Sursaut d’orgueil au Elo de janvier 2014 : + 45 points en Espagne 6,5/9 contre une moyenne à 2167. Les exemples se multiplient les années précédentes sans que personne ne fasse rien.

Contactée, la fédération italienne soupire devant ce « dégonflé » ; elle ne peut légalement rien car Gromovs dégonfle son Elo juste à la limite. Il serait toutefois intéressant de ramasser ses feuilles de parties afin de voir dans quelles conditions il perd contre des joueurs beaucoup, beaucoup, moins forts...

Du côté de l’organisation du championnat de Paris, même constat d’impuissance. On attend l’infraction. Elle était pourtant venue l’an passé. Avec 5,5 sur 7 dans le grand open FIDE, Gromovs avait malencontreusement pris une bulle racontée de manière hilarante par son bourreau Benoît RENÉ, son adversaire de la 8e ronde. Gromovs avait fait forfait sans prévenir dans la 9e... Après avoir été interdit de jouer quelques mois, il peut, comme tout bon forfaitiste, rejouer le même tournoi l’année suivante !

Ah ! Un dernier truc. En tant que maître FIDE, Gromovs paie zéro euro d’inscription. Avis à ses futurs adversaires : Gromovs joue son coup a tempo avant même de le noter. Et régulièrement, il renverse du café sur l’échiquier. Sans le faire exprès bien sûr !
Moralité ? J’ai peur de "dire un Gromovs" mais ce type mériterait un entartrage à la Bernard-Henri Lévy (voir vidéo). Une attaque terroriste pâtissière en plein championnat de Paris, ça aurait de la gueule, non ?

Les aventures de Gromovs au championnat de Paris en 2013

17 mai 2014

La Nationale 1 féminine ? Connais pas

La Nationale 1 féminine ? Connais pas.
Vous n’avez pas loupé une miette des loupés techniques du top cheftaine 12 féminin. Vous allez adorer le silence fédéral sur la Nationale 1 féminine, jouée aux mêmes dates. Le gag est le même, la FFE adore le comique de répétition : on joue 2 fois moins de rondes qu’il n’y a d’équipes : 5 rondes pour le Top 12 et 3 rondes pour la N1F dans quatre groupes de 6 équipes. La première de chaque groupe grimpe de bonheur aux rideaux du Top 12F.

Coucou, dans la poule de Tours, il n’y avait que 5 équipes. Du coup, les équipes sont appariées au système Molter dixit le directeur de groupe, un truc qui me rappelle mes débuts, en... 1975 à Lésigny (Seine-et-Marne) sous la houlette de René-Yves Cotting, lequel vit arriver incrédule Manuel Apicella.
Pour accéder à tous ces résultats, pas de lien direct, l’internaute est invité à faire, du site fédéral :
(Rubrique Compétitions): Par Équipes clic,
Interclubs féminins clic,
Nationale I clic, et balade des gens heureux au sein des 4 groupes : Esbarres (prononcer 'ébar', petite village gaulois qui attire tous les joueurs de Dijon), Tours, Nîmes et Clichy montent en Top 12. C’était notre rubrique : le niveau des échecs féminins n’en finit plus de progresser et la FFE n’en parle pas.

Open monstre à Majorque
La petite ville de Llucamajor accueille un open de 185 joueurs avec une brochette de titrés. Agdestein et Granda Zuniga ont fait le déplacement, mais Fedortchouk a débuté avec 6,5 sur 7. Le GMI Thal Abergel est défait d’entrée par un espoir angolais de 47 ans à 1877 Elo, lequel enchaîne avec une nulle contre une joueuse polonaise à 2377.

Thal sera vengé par le deuxième représentant français, Vincent Schmit (2119), un jeune qui monte. Suivent Jean-Roger Louvrier Saint-Mary (2033) et Joël Léost (1445) partis bronzer. Les parties débutent à 20 h 30 !

Liste des joueurs, résultats, parties sur chess-results.com

Metz : Shoker a choqué
3e et dernière norme de GMI pour Samy Shoker, formé et récemment revenu à Bois-Colombes mais qui bat pavillon FIDE égyptien. Shoker termine premier au départage (6,5 sur 9) devant plein de gros z’Elo au traditionnel tournoi de Metz. Le site de Bois-Co retrace son parcours.

Ce tournoi est tellement traditionnel que le fidèle Aldo Haïk est sorti de sa tanière pour une honorable 16e place (5 sur 9). 

Quand Bricard joue serrure
En ouvrant une porte de la plus haute importance, mes yeux ont encore calculé une variante. La clé Bricard - c’est une marque - m’a rappelé que le GMI (nîmois depuis cette saison) ne joue pas que 1... Cc6 sur 1.e4. Il sait aussi jouer serrure avec les noirs comme avec les blancs et contre n’importe qui. Non, mais !

Mais où est donc OrniCAR ?
Carlsen, Caruana, Kariakine (et non car-jacking) : les meilleurs mondiaux n’ont pas trouvé de commandite dans l’automobile alors que la pub télé nous en abreuve. Bon OK, le pourcentage de ceux qui ont le permis de conduire est assez faible.

10 mai 2014

Les 12 coups du Top 12 féminin

Ce devait être l’excellence des échecs féminins. La crème de la crème française avec une étrangère autorisée sur 4 échiquiers. Trompettes, ci-devant le Top 12 féminin à Mulhouse.
Mais une partie a fait tache ce 10 mai, à la 3e ronde. Perte d’une pièce en… 12 coups par une petite Française, Clara Le Bail contre une ex-prodige hongroise, Idliko Madl.

Les mauvais jours peuvent arriver, même à 1975 Elo. Mais au lieu d’abandonner sur-le-champ face à un grand maître féminin expérimenté (respect au 2328 Elo et MI masculin…), la Française joue les prolongations avec zéro complication. Le supplice tourne à la farce pour les spectateurs. Les blancs, avec une pièce de moins, continuent pendant des heures avant d’arrêter les frais au 33e coup.

 1811_2012_face_à_église_Mulhouse_blog.JPGC’était notre rubrique « la politique de développement des échecs féminins porte ses fruits ». Débauche de fonds, échiquier féminin imposé contre toute logique dans les équipes de N2 et supérieures, cette partie tragi-comique nous montre dun clin d’œil comme dans Le Maître et Marguerite que le diable est dans les détails.
Le Top féminin biberonné par la FFE et quelques caciques défrayés pour, une fois arrivé vers les 18 ans, est plutôt ‘topless’. Traduction : on cherche les joueuses, les vraies, les tatouées. Celles qui ont la compétition dans le sang encore et encore.

Pourtant, l’organisation mulhousienne ronronne comme à l’accoutumée. Salons de l’hôtel Mercure face à la gare. Faut juste prendre l’ascenseur pour jouer. Sympa, non ? Le président fédéral est là pour la photo. Il adore ça. Il lance la partie en présence d’un adjoint au sports. Deux paires de main sur le même pion blanc, j’ai envie d’écraser ma larme.

Madl n’a pas dû apprécier cette petite plaisanterie. Sur l’échiquier, elle a toujours été une tueuse. En dehors, elle sourit rarement. Sa carrière se conjugue au passé. Elle boude les opens et aujourd’hui, à 45 ans, elle ramasse des cachets dans le championnat féminin de Hongrie, d’Allemagne et de France. L’an passé, elle avait d’ailleurs annulé aisément avec les noirs contre Marie Sebag.

Partie d’anthologie Le Bail-Madl à rejouer en téléchargeant la partie sur le site fédéral (ronde 3, match Migné-Juvisy)

Le site dédié au top 12 féminin

Le ronde par ronde sur le site fédéral

24 avril 2014

Montbéliard-Belfort : exportons nos patates et nos poireaux !

Le championnat de France des jeunes se déroule traditionnellement sur deux semaines. Cette année, le record de 1233 jeunes de 5 à 20 ans est atteint à Montbéliard. Cette édition a été impulsée par Jean-Paul Touzé, président du club de Belfort décédé le 26 octobre dernier.

OK 1300 jeunes, on a la quantité. Mais côté qualité, c’est plutôt patates et poireaux... Il suffit de comparer avec le même championnat actuellement en Russie.

Axone, lieu superbe. Des centaines de tables impressionnantes. Une organisation fédérale rodée. Petit peuple consomme du Coca pas light, des frites et du McDo. La ville est contente pour l’hôtellerie. Les pizzerias enfournent.

Mais quid de nos futurs champions ?
Ben la France n’a pas ou mal cultivé son jardin. Du coup, on exporte nos « patates » et on montre nos « poireaux » au monde en direct. Magie de l’Internet. FFE fière comme un coq.

La catégorie juniors filles: des précieuses ridicules ?
Coucou, déjà t’as un nombre impair de participantes : 11… pour  9 rondes ! 6 joueuses ont moins de 1700 Elo. Un grand merci à la FFE et à sa responsable d’avoir encouragé « les échecs féminins » tant d’années. On voit le résultat. Un petit stage en Géorgie est conseillé.

Juniors garçons : "a3 de jouer"
27 joueurs seulement dont un à 1300. 6 joueurs au-dessus de 2200. L’espoir français Jules Moussard s’est mis en mode « foutage de gueule » en jouant « 1.a3 de jouer » à Borya IDER à la 3e ronde… Le père de ce dernier a été formé à l’école russe.

"Borya n’a foutre de 1.a3." Il a été patient et a encaissé le point sans psychoter face à cette facétie.

Entraîné en Russie, Moussard cesserait de faire une telle mousse ou serait privé de tournois internationaux. En France, on rigole. Mais n’est pas Nataf qui veut, (Nataf-Mullon en finale de Coupe de France) jeune homme.

Sophie Aflalo joue depuis son plus jeune âge ces championnats. Sa participation dans le junior hypocritement désigné « mixte » où elle se bat comme à l’accoutumée résume ce tournoi : illisible.


Autres catégories : plus on descend dans les catégories, plus il y a de monde. Mais pas de petits grands champions de demain. Le côté kermesse-je défends ma ligue ou je revendique mon drapeau (oeuf corse) est par contre omniprésent.
Le championnat jeunes est devenu un championnat de masse. La FFE le « vend » à une ville. La FFE a même cédé un open. Ben oui, mon gosse n’est pas qualifié, mais il veut jouer quand même. Je dépose plainte ou j’ai une amende ?

Champ de patates à perte de vue
De leur côté, certains entraîneurs font leur beurre en faisant appliquer leurs propres modèles. Exemple-type : mon élève joue mon répertoire. Sous-entendu : c’est moins de boulot à préparer et on répète à qui mieux mieux qui la Défense Scandinave qui la Défense Slave.

Sous-variante : on fait jouer des petites sous-variantes pourraves.

Contrainte quasi-générale : gérer le diktat des parents-employeurs qui ne comprennent rien aux 64 cases. Leur dire gentiment qu’il ne faut pas faire de sauts de cabri au moindre point marqué par leur progéniture. Leur conseiller d’acheter des jumelles, de ne pas talocher leur môme en cas de défaite et de ne pas le mettre dans le coffre de la voiture (si, si, ça c’est vu !)

Entraîneurs : septante ans de solitude
Ces entraîneurs, il faut les plaindre. Une réunion menée par Darko Anic, El Director de la toute nouvelle direction nationale de l’entraînement (DNE), propose de mutualiser les expériences. Vraiment pas gaulois comme réflexe, mais pourquoi pas ?

Entre des élèves feignasses, lâchement sollicités par les études, septante années de retard dans la transmission de la connaissance et une fédération longtemps dirigée par des enseignants à qui le mot « élite » donnait des… boutons, bonne chance les gars !


Je ne lis pas, je branche mon moteur
Pour finir, à peu près 90 % des jeunes joueurs n’ouvrent jamais un livre et n’analysent jamais par eux-mêmes leur partie post mortem. On branche le moteur et on se dit qu’on était à "+2". Devenir esclave de la machine, il fallait y penser.

Je connais pas mes finales, chef !
Autre défaut hexagonal. Au cinéma, on parle d’exception française. Bon. Aux échecs, pas mal d’argent public va dans le financement d’entraîneurs via les clubs sans vraiment de contrôle sportif ni de suivi d’objectifs. Sauf pour faire du chiffre et de la grosse mousse dans les écoles avec les petits n’enfants comme en Corse ou ailleurs. Cela fait bosser des smicards, c’est cool. Et un enfant représente a priori deux électeurs.
 

Hormis les élèves entraînés par des MI/GMI issus de l’Est (comme le faisait Spiridonov en son temps), tout le monde se concentre sur les ouvertures et rien pour les finales. Bon, OK c’est la mode au top niveau et il faut être vivant au 15e coup.
Résultat : nos jeunes jouent les finales comme des cochons d’Inde. Ceux qui sont envoyés dans les compétitions internationales se font laminer.

A part ça, il y a des motifs de satisfaction ; des joueurs et joueuses combattants vont jusqu’au dernier pion quel que soit le résultat. Ne citons personne, ils se reconnaîtraient tous !

Site officiel

Site dédié de la FFE (grille américaines par catégorie, c'est super)

Article de l’Est républicain avec album photos

 
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