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prié - Page 2

  • National du championnat de France: impressions

    Après plus de 15 jours de repos absolument immérité sans connexion Internet ni téléphone, le réveil a été dur. Plus dure fut la reprise, plus drôle aussi. Un camarade avait scanné toute l’info et m’en a fait le compte-rendu. Et Ivantchouk, et Bacrot et Nîmes. Souvenirs et infos s’échangent, les rires fusent. Le couperet tombe: je déblogue sinon rien.

    Le Dieu Soleil a écrasé de sa superbe les optimistes: il fait entre 31° C et 36° C à Nîmes. Ajoutons 40% d’humidité (comme à Paris, quelle-heu merveille-heu), retranchons la pollution de Paris, ajoutez la plage non loin et un peu moins d’un millier de mordus venus jouer à Kasparov en miniature et vous l’avez deviné: les participants du championnat de France d’échecs font la fortune des bars, buvettes, pharmacies et autres Lavomatics. Visite guidée, virtuelle et forcément impertinente dans les travées.

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  • Pau: impressions techniques

    C’est l’été, surfons. Surfons sur ce National A et B du championnat de France de Pau; la France n’a presque pas de pétrole mais ses champions ont des idées. Faisons un tour sur les vagues de la théorie des ouvertures en marche. Attention, bien que Lourdes soit proche, ne croyez pas aux miracles. Autrement dit, ne faites pas le lien de cause à effet entre le choix d’une ouverture et le résultat de la partie.

    Vachier-Lagrave

    J’adore la manière dont il joue la Grünfeld avec les noirs. Cela lui convient à merveille. L’idée n’est pas nouvelle, d’autres champions (du monde ou presque) l’ont adoptée avant lui (Fischer, Kasparov, Kamsky), mais dans un tel tournoi, affronter la Grünfeld, c’est comme essayer d’attraper une anguille. En leur temps, des joueurs comme Guelfand (variante 8.Tb1) et Topalov (grande ligne) étaient des « tueurs de Grünfeld », et ont fait grandement avancer la théorie. Messieurs les adversaires de Maxime, tirez les premiers !

    Bacrot-Nataf : la baïonnette
    Igor – Gogor pour les intimes – Nataf, grand spécialiste de l’Est-Indienne a osé jouer son ouverture fétiche contre Bacrot. Lequel a répliqué par la variante à la mode, la Baïonnette (9.b4).

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    La partie ressemble à une mauvaise fin de la fable des trois petits cochons. Le loup Bacrot souffle, souffle sur les cases, tandis que Gogor tente de construire son mur de pierre. En fait, il sabote sa position comme un p’tit cochon avec d’abracadabrantesques manœuvres de cavalier (Cf6-h5-f4-g6-f8xe6 pour l’un et Cc6-e7-f5-h6-g8-pris en f6 pour l’autre!). Le loup souffle, mais ne s’essoufle pas. Résultat : Bacrot 1 – Gogor 0.

    Prié: 2.a3 de jouer !
    Igor Nataf avait osé 1.a3 en Coupe de France contre Jibé Mullon, (partie de 2006). Prié avait repris le flambeau bien avant en jouant 1.d4 et 2.a3. Bien que cette approche ait été tentée par des noms illustres tels Anderssen, Steinitz et Tchigorine, il y a quelque chose d’insultant pour les échecs de jouer ainsi. Mais après tout, rendre un temps de cette manière et jouer à mort la partie est toujours mieux que de jouer la théorie et de nous affliger d’une peureuse nulle (arrangée ou pas) de 20 coups en invoquant ‘une nouveauté théorique qui m’a surpris’. Merci Dorfi! Cela dit, Prié est tout de même grand maître et personne ne l’a coincé dans les 15-20 premiers coups! L’ami Éric devra-t-il toutefois trouver une nouvelle recette attrape-points? On lui fait confiance car son influence sur l’adoption de la défense Slave chez les meilleurs jeunes Français (Sebag, Fressinnette, Bacrot) fut décisive.

    Fressinet: il joue facile et vite comme à son habitude. Et bien sûr, ses duels contre Bacrot et Vachier-Lagrave seront décisifs. Surtout au niveau nerveux. La magie de son répertoire est que personne, jusqu’à présent, n’a réussi à le mettre en difficulté quand il avait les noirs et qu’il jouait 1.e4 e5.

     

  • Katz et Tsepeneag: hommes des années 1980

    Le tarif de deux joueurs d'échecs croisés par hasard dans Paris et loin de toute manifestation échiquéenne continue. Voici les deux dernières prises, toutes deux des années 1980. 

     Frédéric Katz
    « Tiens, bonjour Frédéric, que fais-tu là ? » Il est sorti de ses terres : Frédéric Katz a franchi quelques arrondissements, du Ve au XVe exactement ; une quasi épopée pour cet habitué, grand maître kibbitz du Jardin du Luxembourg qui considèrerait presque l’au-delà du périphérique comme « la province ».
    Précisons-le, sans aucune pointe de condescendance car aujourd’hui, selon lui, « la vraie ambiance de club se trouve précisément en province et non plus à Paris où les gens font la gueule ou se prennent au sérieux ». Grand amoureux des échecs et capitaine de diverses équipes de joyeux drilles du club ‘Fou du Roi’, à Paris, dans les années 1980 (Andruet, Prié, Birmingham, Lohéac, Blanc, ma pomme etc.), Frédéric dit « ne plus rien comprendre à ce monde des joueurs d’échecs ».

    Et d’ajouter avec son rire inimitable, communicatif et un brin névrosé :
    « Je ne sais même pas qui est champion du monde actuellement. J’ai décroché. Ma dernière tentative de m’occuper d’une équipe en Nationale III avec une bande de copains d’avant (Blazquez, Grichkevitch, Ladisic etc.) a cessé: j’ai arrêté à cause de toutes ces contraintes qu’on impose aux clubs, j’ai passé le relais. »
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    Dans les années 1980, il était dans la mouvance de la La Revue des Échecs, revue fondée par celle qui deviendra sa femme, Mathilde Maraninchi. Les commentateurs vedettes étaient Haïk, Giffard, Villeneuve, Nolot (pour les ordinateurs) et Bretagnolle en dessinateur génial… et blitzeur éternel  avec ou sans tarif. Beau projet que cette revue. Elle avait donné un vrai bol d’air frais et avait bien secoué cette vieille dame qu’était Europe Échecs avant de cesser sa parution au bout de quelques fructueux numéros.

    Soudain, on décide d’arrêter de faire semblant de jouer à « c’était mieux avant » et on passe par la case souvenir avec un match de coupe de France épique gagné au bluff grâce aux éclats de rire de Katz et de Birmingham contre Troyes alors que Prié et moi-même étions perdants…

    Dimitru Tsepeneag
    Trois jours plus tard, c’est l’ami Tsepeneag qui est flashé en mode promenade à 3 km/h devant le Palais du Luxembourg, accompagné de sa fille. Cette jeune femme a dû écouter les leçons de papa entre 2 et 6 ans, mais elle a lâché prise ensuite. Cela fait une quinzaine d’années que je n’ai pas vu la crinière du poète qui a fui le régime de Ceaucescu. Dimitru Tsepeneag est un écrivain, un vrai. Sur les échecs, il a écrit un seul livre sur une défense qu’il pratiqua avec succès dans les championnats de Paris des années 1980 : La Défense Alekhine. Il joue maintenant sur Internet: "Trop". Brève mais plaisante rencontre que de croiser cet homme humain, profond et sensible. C’était la journée, il faut dire : je sortais de trois heures de demi de queue, suivies d’un vrai régal : voir le dernier jour de l’exposition d’Arcimboldo qui pliait bagages le lendemain pour aller ravir les yeux des Viennois.
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