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Fischer - Page 5

  • Le jour où j'ai traqué Fischer

    Fin 1983, à presque 23 ans: encore à l’université, je franchis la porte du journal Actuel dont le grand manitou est Jean-François Bizot. C’est le magazine branché et agitateur d’idées des années 1980 (voir son histoire complète avec des collaborateurs comme Bernard Kouchner, Frédéric Taddéï, Patrick Rambaud etc. sur Wikipedia). Au départ, je veux ‘vendre’ un article sur le match des candidats Kasparov-Smyslov qui va se dérouler en 1984, à Vilnius. Je veux devenir journaliste. Les échecs me servent de marchepied pour franchir la porte de ce journal auquel tout le monde veut collaborer. C’est incroyable, mais cette tentative va m’amener à traquer Bobby Fischer... 

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  • Mort de Fischer: revue de presse et impressions

    DANS LA PRESSE DÉCHAÎNÉE

    L’excellente dépêche d’agence de Reuters avec des réactions de Kasparov, Karpov, Anand, Taïmanov… et Spassky qui raccroche au nez. Reprise par pratiquement tous les journaux, comme les quotidiens français Le Figaro, Libération.

    Sur le site de l’Echiquier niçois, un tas d’articles très intéressants, notamment en provenance des États-Unis avec des citations de son biographe, Frank Brady.

    Lien en islandais où il est dit, d’après la mauvaise qualité des traducteurs en ligne que Fischer ne se serait pas soigné comme il aurait dû, d’après le GMI islandais Olafsson, ex-candidat au titre mondial du temps de Fischer et artisan de l’installation de Fischer en Islande.

    Dans The Guardian, le chroniqueur anglais archi-connu Leonard Barden, né en 1929, livre un article passionnant sur Fischer. Bémol : il est principalement orienté sur la carrière de Bobby, sans analyse de son apport au jeu, aux joueurs ou de ses outrances. Mais les nombreuses anecdotes valent le détour. Exemple : Barden, le meilleur joueur de blitz de Grande-Bretagne à l’époque, affronta Fischer à cette cadence à l’occasion d’un show télévisé de Fischer en Angleterre. Non seulement Barden se fit massacrer, mais Fischer le titillait pendant les parties : « You’re just a British weakie. »


    Article très complet du site de la BBC avec des photos (voir les différents liens dans la page).

    Libération, dans son édition papier du samedi 19 janvier, choisit de présenter Fischer comme un bad boy et publie une photo en noir et blanc atroce, posée, où Fischer avait environ 19 ans. Heureusement que le président de la FFE, interrogé, explique ce que Fischer a apporté aux échecs. Renvoi d’ascenseur : le site de la FFE parle d’un « très bel hommage » dans Libé. Ah bon?

    Mais la surprise vient quelques pages plus loin où un « artiste » a tapé « bobby + fischer » dans google-images. Et Libé publie plusieurs photos récentes du champion, des portraits tartes, bref un peu de tout… comme sur un blog !

    Gros détail de cuisine journalistique avec Spassky. Reuters a joint Spassky par téléphone et ça donne ceci. Spassky à Reuters : « It's bad luck for you. Bobby Fischer is dead », then hung up.
    Traduction : « Pas de chance pour vous, Bobby Fischer est mort. » Et il [Spassky] raccroche.

    Dans Libération, cela donne : « 
    Hier, on a appelé Spassky, qui vit à Meudon (Hauts-de-Seine). Il a décroché. Une voix, tremblante. «Monsieur, Bobby est mort… Bobby est mort… Au revoir, monsieur.»

    Sur ce blog, d’une voix non tremblante, j’affirme : Cette dépêche a été manipulée pour cause de dramaturgie inutile.

    Enfin, déception : aucune combinaison de Fischer n’a été publiée tant dans la chronique papier (où Jeep expédie l’information en quelques mots : « ...Fischer est décédée ». C’est incroyable car la nouvelle a été connue dans la matinée du vendredi et les combinaisons de Fischer sont légion. Tiens, allez, ma préférée :

    Fischer - Miagmarsuren
    Interzonal de Sousse (Tunisie), 1967.

    Fischer, brillantissime, fit forfait, en désaccord avec l’organisation. Il se privait pour trois années supplémentaires d’une chance de jouer le tournoi des Candidats menant au championnat du monde. Cette partie fut jouée à la troisième ronde. Fischer abandonna ce tournoi de 23 rondes alors qu’il totalisait 7 gains, 5 nulles et aucune défaite.

    Défense Française
    1.e4 e6 2.d3 d5 3.Cd2 Cf6 4.g3 c5 5.Fg2 Cc6 6.Cgf3 Fe7 7.0–0 0–0 8.e5 Cd7 9.Te1 b5 10.Cf1 b4 11.h4 a5 12.Ff4 a4

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    13.a3! Une nouveauté à l’époque qui stoppe tout contre-jeu noir à l’aile dame. Les blancs vont pilonner méthodiquement les remparts du roi noir.

    14…bxa3 14.bxa3 Ca5 15.Ce3 Fa6 16.Fh3 d4 17.Cf1 Cb6 18.Cg5 Cd5 19.Fd2 Fxg5 20.Fxg5 Dd7 21.Dh5 Tfc8 22.Cd2 Cc3 23.Ff6 De8 24.Ce4 g6 25.Dg5 Cxe4 26.Txe4 c4 27.h5 cxd3 28.Th4 Ta7 29.Fg2 dxc2 30.Dh6 Df8 et le coup de massue final!
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    31.Dxh7+!! 1–0

    Après 31…Rxh7, c’est mat en 2 par 32.hxg6+ Rxg6 33.Fe4 mat ou 32…Rg8 33.Th8 mat.

    La partie au format texte (à transformer en pgn): Fischer-Miagma.rtf


    FISCHER CRACHE, SPASSKY PASSE
    Ce qui a apparemment été oublié des dépêches d’agence,
    et qui est le point culminant du conflit entre l’administration américaine et Fischer. En pleine conférence de presse à Sveti Stefan 1992, Fischer crache sur un fax du Département d’État lui enjoignant de ne pas jouer ce match dans un pays alors sous embargo de l’ONU
    (la vidéo sur youtube). Ce geste, outre le fait que le citoyen Fischer avait enfreint une loi de son pays en se rendant dans un pays sous embargo, sera le geste de trop qui déclenchera les poursuites de l’administration américaine contre Fischer.

    Mais quid de Spassky ? Gentleman, discret, il a joué sans aucun problème. Le ministère français des Affaires étrangères de l’époque n’a pipé mot. Son ministre Roland Dumas non plus. Mieux : la France a gagné de l’argent avec ce match ! Spassky est en effet revenu sans encombre avec son cachet et s’est acquitté en bon citoyen d’un impôt sur ce revenu.

    PAS TRÈS NET…

    Toute la logorrhée antisémite et antitout de Fischer sur son site officiel. C’est en général à vomir. D’un point de vue psychanalytique, l’écouter aide à mieux le comprendre comme on comprend un patient, c’est-à-dire quelqu’un qui souffre.
    Sur ce site, on découvre un Fischer incroyablement procédurier. Et il s’y connaît. Son opus I was tortured in the Pasadena jailhouse (1981), est un modèle du genre. Précurseur, hélas, même si Fischer a été pris pour un autre et était dans son droit.
    Dans les interviews radio, on apprend beaucoup de l’homme, de ses souvenirs, quand Fischer parle de ses goûts musicaux par exemple. Mais quand il se met en boucle sur la politique ou le complot juif à son endroit, c’est complètement insupportable.

    RÉACTIONS

    La réaction par téléphone de Kasparov sur le site de CNN. Kasparov n’a jamais rencontré Fischer mais résume en grand pro l’apport du joueur en écartant les frasques de l’homme dans ses dernières années. C’est clair, synthétique et bien expliqué. Un hommage sincère et relativement surprenant quand on sait que Fischer affirmait urbi et orbi que toutes les parties des matches Kasparov-Karpov après le premier (soit de 1985 à 1990) étaient arrangées à l’avance.

    Lire aussi les réactions à chaud des grands maîtres présents à Wijk-aan-Zee dans le tournoi Corus.

    VOIR FISCHER EN ACTION
    Les Français qui ont vu Fischer… Le nouveau responsable légal et gérant d’Europe Échecs, Bachar Kouatly, raconte dans le studio-cuisine d’EE comment il a rencontré Fischer en Allemagne avant le match Kasparov-Karpov de (New York)-Lyon dont il était l’organisateur. Cela correspond, en trois fois plus long, à ce qu’il m’avait raconté.
    Les journalistes Patrick Séry (envoyé spécial du Monde en 1972) et Alain Ledoux (envoyé spécial en 1992 pour EE), Joël Lautier en 2005 en Islande et tous les Français qui ont joué à Monaco en 1967 ou qui ont kibbitzé ce tournoi.

    ET SPASSKY ?

    Le nom de Fischer est tellement associé à celui de Spassky que ce dernier a naturellement été contacté. Il a envoyé balader Reuters, laissant finalement les journalistes spécialisés (ou pas) écrire sur eux-mêmes à travers ce personnage hors du commun. Spassky est resté fidèle jusqu’au bout à son Bobby qu’il imite si bien avec force gestes et accent new yorkais. Et il a préféré garder sa peine pour lui.

  • Bobby Fischer est mort

    L’un des porte-parole de Fischer a annoncé ce vendredi matin le décès jeudi 18 janvier de Robert James Fischer, l’ex-champion du monde… par courriel à l’agence Reuters. Selon ce communiqué, Fischer serait mort « d’une maladie indéterminée ».
    À 14 h 30 ce vendredi, le lieu et les causes du décès ne sont pas encore donnés par les agences de presse
    . Vendredi à 14 h 32, l’AFP donnait l'information comme quoi l’ancien champion du monde était mort des suites d'une défaillance rénale. Coïncidence: Fischer est mort à 64 ans, le même nombre de cases que l’échiquier.

    Dépêche AFP sur le site de France Info

    Article avec agences + une vidéo sur mon hébergeur 20minutes.fr

    Depuis le 24 mars 2005, Fischer vivait en Islande, après une détention de neuf mois en prison au Japon. Vainqueur en 1972 à Reykjavik de Boris Spassky 12,5‑8,5 en finale du championnat du monde en 24 parties, Fischer couronnait alors une immense popularité à l’Ouest comme à l’Est dans un monde bipolarisé Est-Ouest sur le plan politique.

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    Avant, pendant et après le match, il était resté très lié avec Boris Spassky. Sa popularité de joueur n’a jamais cessé malgré ses déclarations antisémites sur des radios philippines ou bien d’autres où il se réjouissait des attentats du 11 septembre 2001 sur les Twin Towers à New York, ville où il grandit.
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    Fischer, le 24 mars 2005, après 9 mois de détention: départ de Tokyo pour Reykjavik où, quelques jours plus tard, grâce au gouvernement islandais, il obtiendra sans difficulté la nationalité et le droit de rester sur l'île... avec obligation de ne plus voyager.  

    À suivre : un article plus long avec scoop pour les internautes:
    Comment j’ai traqué Fischer aux États‑Unis avec une paire de journalistes d’Actuel.


    Article d’origine de Reuters (anglais)

    Sa vie, son œuvre sur Wikipedia (anglais)

    Sa biographie (386 pages) par Frank Brady aux éditions Payot-Rivages

    Revivez TOUTES ses parties avec grilles de tournois et commentaires (éd. Payot-Rivages)
     
  • Fischer hospitalisé!

    Cela fait plus d’une semaine que la presse espagnole en parle. La nouvelle est apparemment venue du quotidien argentin La Nación, mais j’ai zappé au début. 442b7f1d6834980d6cc9e3d03addb62c.jpgRéveil une semaine plus tard à l’occasion d’une bonne analyse lue sur le site de la Fédération québécoise qui parle du « moulin à rumeurs ».

    En résumé, l’information est la suivante: Fischer est hospitalisé et circulez, il n’y a rien à voir; personne ne pipe mot parmi ses amis, comme d’habitude. Les journalistes font toutefois parler « l’entourage » de Fischer où il est question de problèmes rénaux ou de parano à propos du génie américain.

    Une chose est sûre : ça finit par « o » et cette façon de faire parler l’entourage me rappelle le sketch de Coluche sur les journalistes : « On s’autorise à penser dans les milieux autorisés… »

    Un article complet en espagnol

     Et les produits dérivés de la nouvelle sur google-news

  • Fischer : l’habit a fait le moine (des échecs) !

    Au récent championnat de Paris, n’ayant aucune idée de ce que pouvait jouer mon jeune adversaire, je me suis mis en tête de prendre un peu de l’énergie de Bobby Fischer en surfant sur ses innombrables citations. Un site lui est entièrement dédié et Fischer dans le texte, en l’imaginant avec son accent de Brooklyn, c’est quelque chose !

     

    Dans la citation suivante, il aborde notamment l’importance de l’habillement. Et la force de cette citation montre que le moine des échecs qu’était Fischer, ne négligeait aucun aspect.
    Jeunes champions de tous les pays, unissez-vous et suivez les conseils du grand Bobby!
    Sur la photo ci-contre, Bobby a 22 ans pour info.

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    Yeah, I used to dress badly until I was about sixteen. But people just didn't seem to have enough respect for me, you know And I didn't like that, so I decided I'd have to show them they weren't any better than me, you know? They were sort of priding themselves. They would say, 'He beat us at chess, but he's still just an uncouth kid.' So I decided to dress up." -- Bobby Fischer (to a Dutch chess promoter)

    Le lien direct avec une photo de Fischer en compagnie de Kotov

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