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La boîte à çons - Page 5

  • Olympiades : la FFE dit ‘no’ à Nino

    Nino Maisuradze, championne de France 2013 grâce à une victoire au départage blitz sur Mathilde Congiu n’est pas sélectionnée en EDF (équipe de France) pour les Olympiades de Tromsø débutant le 1er août.
    Le courant n’est apparemment pas passé avec le sélectionneur, le GMI Cornette. Pour info, le champion de France Hicham Hamdouchi n’a pas été pris non plus dans l’équipe masculine, même pas pour couper les citrons.

    Tout débute par un chouinage public de Nino elle-même sur sa page Facebook. Le sélectionneur Cornette aurait justifié son choix par un génial et diplomatique « ton niveau est inférieur aux autres ». Bon…

    Les « amis » de la toile s’en offusquent. La FFE se réveille et la contacte ou la fait contacter pour demander de bouche fermer. Mais Nino, elle sait pas fermer sa bouche. Alors, la réplique est venue comme un boomerang ce 29 juillet sur le site de ChessBase, qui fait une bonne pub sur ce coup… un vrai coup de comm’ de la championne de France !
    Plus prosaïquement, elle viendra défendre son titre sur l’échiquier lors du championnat de France fin août à Nîmes.

    Echecs64, toujours en embuscade virtuelle, a réalisé une interview presque imaginaire sur cette non sélection où la seule règle – comme dans d’autres sports collectifs – est dans les mains du seul sélectionneur.

    *****

    Echecs 64 : Alors, Nino, heureuse de rester sur le banc de touche ?
    Nino M. : Je suis FIER du choix de la France par la voix de son sélectionneur. C’est normal, FIER, c’est le nom de mon grand maître de mari. Il est brésilien. Lui, il était fu-rieux. Il m’a dit en portugais, à la brésilienne : c’est la « li-qui-da-sa-on to-tchal ». En fait, il m’a arnaqué, ça veut dire « les soldes ». J’ai failli tomber dans le piège.

    Echecs64 : Tu prends toujours tout avec le sourire. Même ton titre l’an passé, où tout juste après avoir accouché, tu as joué tout le tournoi sans perdre de parties longues.
    Nino : En fait, ça me fait beaucoup rire, mais je vais me plaindre à François.

    Echecs64 : François Ier ?
    Nino : Non, tu sais, je suis une globe-trotteuse des tournois. Je vais demander direct à François Hollande. D’ailleurs, je l’ai rencontré à Tbilissi, va voir la photo sur Chessbase.com.
    Il m’a à la bonne, mais lui aussi n’était pas content. Le président fédéral l’a écarté pour faire l’équipe de France féminine, tu te rends compte ?

    2013_maisuradze_Nancy.JPGEchecs64 : Tu vas suivre les Olympiades ?
    Nino : Oui, en direct sur l’Internet. Je veux voir ce que feront les copines sans moi. Je veux, une fois pour toutes, en avoir le « corps net ».

    Echecs64 : Finalement, il n’y a pas que sur Facebook que tu veux te faire des « amis ».
    Nino : Regarde les entraîneurs, ce sont aussi des joueurs en activité ! Mazé et ‘Corps-net’ vont tous deux participer au National à Nîmes, quelques jours après l’Olympiade. Mazé devra donc se battre contre les 3 joueurs qu’il aura supportés, Bacrot, Fressinet et Édouard.

    Echecs64 : Merci Nino pour cette interview presque imaginaire.

    ***

    Dossier complet du bin’s et le point officiel sur Europe Échecs

    Les chances de l’EDF à Tromsø
    9e au classement sur la ligne de départ avec Sebag, Milliet, Guichard, Collas et Congiu, l’équipe de France devra probablement, sans Skripchenko, se surpasser pour dépasser la 5e place légendaire obtenue à Calvià en 2004.

    Un vrai stage d’hommes, zéro stage pour les femmes
    Au nom de l’égalité des chances, pas de stage avant les Olympiades pour l’équipe féminine. Les hommes, les vrais, les durs, les tatoués en avaient eu un... risible : il n’y avait que 3 joueurs sur 5 et 2 entraîneurs !

    Photo issue de la vidéo de Nancy Echecs 2013.

  • Les 12 coups du Top 12 féminin

    Ce devait être l’excellence des échecs féminins. La crème de la crème française avec une étrangère autorisée sur 4 échiquiers. Trompettes, ci-devant le Top 12 féminin à Mulhouse.
    Mais une partie a fait tache ce 10 mai, à la 3e ronde. Perte d’une pièce en… 12 coups par une petite Française, Clara Le Bail contre une ex-prodige hongroise, Idliko Madl.

    Les mauvais jours peuvent arriver, même à 1975 Elo. Mais au lieu d’abandonner sur-le-champ face à un grand maître féminin expérimenté (respect au 2328 Elo et MI masculin…), la Française joue les prolongations avec zéro complication. Le supplice tourne à la farce pour les spectateurs. Les blancs, avec une pièce de moins, continuent pendant des heures avant d’arrêter les frais au 33e coup.

     1811_2012_face_à_église_Mulhouse_blog.JPGC’était notre rubrique « la politique de développement des échecs féminins porte ses fruits ». Débauche de fonds, échiquier féminin imposé contre toute logique dans les équipes de N2 et supérieures, cette partie tragi-comique nous montre dun clin d’œil comme dans Le Maître et Marguerite que le diable est dans les détails.
    Le Top féminin biberonné par la FFE et quelques caciques défrayés pour, une fois arrivé vers les 18 ans, est plutôt ‘topless’. Traduction : on cherche les joueuses, les vraies, les tatouées. Celles qui ont la compétition dans le sang encore et encore.

    Pourtant, l’organisation mulhousienne ronronne comme à l’accoutumée. Salons de l’hôtel Mercure face à la gare. Faut juste prendre l’ascenseur pour jouer. Sympa, non ? Le président fédéral est là pour la photo. Il adore ça. Il lance la partie en présence d’un adjoint au sports. Deux paires de main sur le même pion blanc, j’ai envie d’écraser ma larme.

    Madl n’a pas dû apprécier cette petite plaisanterie. Sur l’échiquier, elle a toujours été une tueuse. En dehors, elle sourit rarement. Sa carrière se conjugue au passé. Elle boude les opens et aujourd’hui, à 45 ans, elle ramasse des cachets dans le championnat féminin de Hongrie, d’Allemagne et de France. L’an passé, elle avait d’ailleurs annulé aisément avec les noirs contre Marie Sebag.

    Partie d’anthologie Le Bail-Madl à rejouer en téléchargeant la partie sur le site fédéral (ronde 3, match Migné-Juvisy)

    Le site dédié au top 12 féminin

    Le ronde par ronde sur le site fédéral

  • Montbéliard-Belfort : exportons nos patates et nos poireaux !

    Le championnat de France des jeunes se déroule traditionnellement sur deux semaines. Cette année, le record de 1233 jeunes de 5 à 20 ans est atteint à Montbéliard. Cette édition a été impulsée par Jean-Paul Touzé, président du club de Belfort décédé le 26 octobre dernier.

    OK 1300 jeunes, on a la quantité. Mais côté qualité, c’est plutôt patates et poireaux... Il suffit de comparer avec le même championnat actuellement en Russie.

    Axone, lieu superbe. Des centaines de tables impressionnantes. Une organisation fédérale rodée. Petit peuple consomme du Coca pas light, des frites et du McDo. La ville est contente pour l’hôtellerie. Les pizzerias enfournent.

    Mais quid de nos futurs champions ?
    Ben la France n’a pas ou mal cultivé son jardin. Du coup, on exporte nos « patates » et on montre nos « poireaux » au monde en direct. Magie de l’Internet. FFE fière comme un coq.

    La catégorie juniors filles: des précieuses ridicules ?
    Coucou, déjà t’as un nombre impair de participantes : 11… pour  9 rondes ! 6 joueuses ont moins de 1700 Elo. Un grand merci à la FFE et à sa responsable d’avoir encouragé « les échecs féminins » tant d’années. On voit le résultat. Un petit stage en Géorgie est conseillé.

    Juniors garçons : "a3 de jouer"
    27 joueurs seulement dont un à 1300. 6 joueurs au-dessus de 2200. L’espoir français Jules Moussard s’est mis en mode « foutage de gueule » en jouant « 1.a3 de jouer » à Borya IDER à la 3e ronde… Le père de ce dernier a été formé à l’école russe.

    "Borya n’a foutre de 1.a3." Il a été patient et a encaissé le point sans psychoter face à cette facétie.

    Entraîné en Russie, Moussard cesserait de faire une telle mousse ou serait privé de tournois internationaux. En France, on rigole. Mais n’est pas Nataf qui veut, (Nataf-Mullon en finale de Coupe de France) jeune homme.

    Sophie Aflalo joue depuis son plus jeune âge ces championnats. Sa participation dans le junior hypocritement désigné « mixte » où elle se bat comme à l’accoutumée résume ce tournoi : illisible.


    Autres catégories : plus on descend dans les catégories, plus il y a de monde. Mais pas de petits grands champions de demain. Le côté kermesse-je défends ma ligue ou je revendique mon drapeau (oeuf corse) est par contre omniprésent.
    Le championnat jeunes est devenu un championnat de masse. La FFE le « vend » à une ville. La FFE a même cédé un open. Ben oui, mon gosse n’est pas qualifié, mais il veut jouer quand même. Je dépose plainte ou j’ai une amende ?

    Champ de patates à perte de vue
    De leur côté, certains entraîneurs font leur beurre en faisant appliquer leurs propres modèles. Exemple-type : mon élève joue mon répertoire. Sous-entendu : c’est moins de boulot à préparer et on répète à qui mieux mieux qui la Défense Scandinave qui la Défense Slave.

    Sous-variante : on fait jouer des petites sous-variantes pourraves.

    Contrainte quasi-générale : gérer le diktat des parents-employeurs qui ne comprennent rien aux 64 cases. Leur dire gentiment qu’il ne faut pas faire de sauts de cabri au moindre point marqué par leur progéniture. Leur conseiller d’acheter des jumelles, de ne pas talocher leur môme en cas de défaite et de ne pas le mettre dans le coffre de la voiture (si, si, ça c’est vu !)

    Entraîneurs : septante ans de solitude
    Ces entraîneurs, il faut les plaindre. Une réunion menée par Darko Anic, El Director de la toute nouvelle direction nationale de l’entraînement (DNE), propose de mutualiser les expériences. Vraiment pas gaulois comme réflexe, mais pourquoi pas ?

    Entre des élèves feignasses, lâchement sollicités par les études, septante années de retard dans la transmission de la connaissance et une fédération longtemps dirigée par des enseignants à qui le mot « élite » donnait des… boutons, bonne chance les gars !


    Je ne lis pas, je branche mon moteur
    Pour finir, à peu près 90 % des jeunes joueurs n’ouvrent jamais un livre et n’analysent jamais par eux-mêmes leur partie post mortem. On branche le moteur et on se dit qu’on était à "+2". Devenir esclave de la machine, il fallait y penser.

    Je connais pas mes finales, chef !
    Autre défaut hexagonal. Au cinéma, on parle d’exception française. Bon. Aux échecs, pas mal d’argent public va dans le financement d’entraîneurs via les clubs sans vraiment de contrôle sportif ni de suivi d’objectifs. Sauf pour faire du chiffre et de la grosse mousse dans les écoles avec les petits n’enfants comme en Corse ou ailleurs. Cela fait bosser des smicards, c’est cool. Et un enfant représente a priori deux électeurs.
     

    Hormis les élèves entraînés par des MI/GMI issus de l’Est (comme le faisait Spiridonov en son temps), tout le monde se concentre sur les ouvertures et rien pour les finales. Bon, OK c’est la mode au top niveau et il faut être vivant au 15e coup.
    Résultat : nos jeunes jouent les finales comme des cochons d’Inde. Ceux qui sont envoyés dans les compétitions internationales se font laminer.

    A part ça, il y a des motifs de satisfaction ; des joueurs et joueuses combattants vont jusqu’au dernier pion quel que soit le résultat. Ne citons personne, ils se reconnaîtraient tous !

    Site officiel

    Site dédié de la FFE (grille américaines par catégorie, c'est super)

    Article de l’Est républicain avec album photos

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