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Compétition, parties - Page 14

  • Top 12 : un top 11 presque imaginaire

    Le championnat de France par équipes se joue à 12 équipes de 8 joueurs dont 1 Française obligatoire. Une fois de plus, une équipe a déclaré forfait (Marseille) et l’on se contente d’un top 11 avec 12 rondes jouées à la suite sans journée de repos, une équipe étant « exempte » à tour de rôle. Royal au bar pour la communication !

    Les joutes se déroulent à Saint-Quentin (Aisne). Elles sont organisées par ‘TPH’, le club local Les Tours de Haute Picardie promu cette saison en Top 12. En dehors des articles dans la presse locale, les médias nationaux ou spécialisés sont notoirement absents. Ouf, il reste le monde virtuel et re-ouf, le suspense est inexistant : Clichy va remporter son 12e titre.

    La FFE retransmet les parties en direct sur l’Internet. Aucune biographie de joueur n’est disponible, pas même sur les sites des clubs. Aucune statistique, rien, nada. Quelques gros z’Elo du top 100 mondial sont présents dont les trois meilleurs Français Vachier-Lagrave et Fressinet (Clichy) et Édouard (Bischwiller). Le quatrième mousquetaire Bacrot a été renvoyé dans une calanque, il jouait pour le forfaitiste Marseille.

    Bon, pas la peine de tourner autour du pot de certaines superbes parties de Vachier-Lagrave (MVL) ou d’enchaîner sur un reportage vidéo presque imaginaire dans le sublime palais de Fervaques qui héberge ce championnat de France des clubs. Regardons plutôt cette compétition telle qu’on ne vous l’a jamais racontée.

    La compote du matin
    C’est la « compo », la composition de l’équipe. Autrement dit, chaque capitaine doit délivrer dans la matinée à l’arbitre l’ordre des échiquiers. La FFE fait bien les choses et en informe  les internautes à partir de 10h pour des parties retransmises dès 14h30. Le plus dur? Se lever paraît-il...

    Sebag dans son film
    Alors que je regardais en direct une partie (plus tard perdue) par Marie Sebag, ma fille, peu au fait des retransmissions en direct et pas joueuse du tout me demanda : « Tu joues contre la fille de Secret Story ? »
    C’était notre quart d’heure : pas de plan média, pas de top 12 anonyme, envoyons plutôt nos bataillons de féminines gratter des super prix dans la télé-réalité.


    All in ou All fight?
    Petite bataille nocturne entre deux grands maîtres ; l’un était alcoolisé, l’autre se prenait pour un kick-boxeur. Pointe : une vidéo de l’événement circule sur les réseaux sociaux !

    Diego chez Walt Disney
    Faute de frappe mortelle dans un texto d’un proche du président fédéral Diego Salazar : Diego est devenu Dingo. Il est vrai que le Top 12, c’est le monde merveilleux de toutes les équipes gentilles qui flambent l’argent public pendant 11 jours.

    Soirée de gala
    Il y a eu une « soirée de gala ». Des capitaines ont sagement couché leur féminine. Enfin, ils ont essayé.

    Drôles de dames
    Dans la partie Ragger (Bischwiller)-Moussard (Évry) de la 4e ronde, les blancs ont joué avec deux dames entre le 27e et le 66e coup, où ils ont enfin administré le mat.


    Saut à l’élastique

    Le grand maître Ipatov (Bois-Colombes) est aussi un spécialiste du saut à l’élastique. La soirée de gala, on lui aurait promis un saut à l’horizontal : s’il atteignait la plus jolie fille du coin, il était déclaré champion.
    Ipatov a sagement refusé et a joué en blitz contre un autre GMI. L’enjeu ? La féminine la plus accessible du top 12 selon lui. Résultat ? Rentrés couchés très tôt tous les deux, score sur l’échiquier inconnu.

    Page spéciale fédérale

    Appariements et résultats

  • La Nationale 1 féminine ? Connais pas

    La Nationale 1 féminine ? Connais pas.
    Vous n’avez pas loupé une miette des loupés techniques du top cheftaine 12 féminin. Vous allez adorer le silence fédéral sur la Nationale 1 féminine, jouée aux mêmes dates. Le gag est le même, la FFE adore le comique de répétition : on joue 2 fois moins de rondes qu’il n’y a d’équipes : 5 rondes pour le Top 12 et 3 rondes pour la N1F dans quatre groupes de 6 équipes. La première de chaque groupe grimpe de bonheur aux rideaux du Top 12F.

    Coucou, dans la poule de Tours, il n’y avait que 5 équipes. Du coup, les équipes sont appariées au système Molter dixit le directeur de groupe, un truc qui me rappelle mes débuts, en... 1975 à Lésigny (Seine-et-Marne) sous la houlette de René-Yves Cotting, lequel vit arriver incrédule Manuel Apicella.
    Pour accéder à tous ces résultats, pas de lien direct, l’internaute est invité à faire, du site fédéral :
    (Rubrique Compétitions): Par Équipes clic,
    Interclubs féminins clic,
    Nationale I clic, et balade des gens heureux au sein des 4 groupes : Esbarres (prononcer 'ébar', petite village gaulois qui attire tous les joueurs de Dijon), Tours, Nîmes et Clichy montent en Top 12. C’était notre rubrique : le niveau des échecs féminins n’en finit plus de progresser et la FFE n’en parle pas.

    Open monstre à Majorque
    La petite ville de Llucamajor accueille un open de 185 joueurs avec une brochette de titrés. Agdestein et Granda Zuniga ont fait le déplacement, mais Fedortchouk a débuté avec 6,5 sur 7. Le GMI Thal Abergel est défait d’entrée par un espoir angolais de 47 ans à 1877 Elo, lequel enchaîne avec une nulle contre une joueuse polonaise à 2377.

    Thal sera vengé par le deuxième représentant français, Vincent Schmit (2119), un jeune qui monte. Suivent Jean-Roger Louvrier Saint-Mary (2033) et Joël Léost (1445) partis bronzer. Les parties débutent à 20 h 30 !

    Liste des joueurs, résultats, parties sur chess-results.com

    Metz : Shoker a choqué
    3e et dernière norme de GMI pour Samy Shoker, formé et récemment revenu à Bois-Colombes mais qui bat pavillon FIDE égyptien. Shoker termine premier au départage (6,5 sur 9) devant plein de gros z’Elo au traditionnel tournoi de Metz. Le site de Bois-Co retrace son parcours.

    Ce tournoi est tellement traditionnel que le fidèle Aldo Haïk est sorti de sa tanière pour une honorable 16e place (5 sur 9). 

    Quand Bricard joue serrure
    En ouvrant une porte de la plus haute importance, mes yeux ont encore calculé une variante. La clé Bricard - c’est une marque - m’a rappelé que le GMI (nîmois depuis cette saison) ne joue pas que 1... Cc6 sur 1.e4. Il sait aussi jouer serrure avec les noirs comme avec les blancs et contre n’importe qui. Non, mais !

    Mais où est donc OrniCAR ?
    Carlsen, Caruana, Kariakine (et non car-jacking) : les meilleurs mondiaux n’ont pas trouvé de commandite dans l’automobile alors que la pub télé nous en abreuve. Bon OK, le pourcentage de ceux qui ont le permis de conduire est assez faible.

  • Les 12 coups du Top 12 féminin

    Ce devait être l’excellence des échecs féminins. La crème de la crème française avec une étrangère autorisée sur 4 échiquiers. Trompettes, ci-devant le Top 12 féminin à Mulhouse.
    Mais une partie a fait tache ce 10 mai, à la 3e ronde. Perte d’une pièce en… 12 coups par une petite Française, Clara Le Bail contre une ex-prodige hongroise, Idliko Madl.

    Les mauvais jours peuvent arriver, même à 1975 Elo. Mais au lieu d’abandonner sur-le-champ face à un grand maître féminin expérimenté (respect au 2328 Elo et MI masculin…), la Française joue les prolongations avec zéro complication. Le supplice tourne à la farce pour les spectateurs. Les blancs, avec une pièce de moins, continuent pendant des heures avant d’arrêter les frais au 33e coup.

     1811_2012_face_à_église_Mulhouse_blog.JPGC’était notre rubrique « la politique de développement des échecs féminins porte ses fruits ». Débauche de fonds, échiquier féminin imposé contre toute logique dans les équipes de N2 et supérieures, cette partie tragi-comique nous montre dun clin d’œil comme dans Le Maître et Marguerite que le diable est dans les détails.
    Le Top féminin biberonné par la FFE et quelques caciques défrayés pour, une fois arrivé vers les 18 ans, est plutôt ‘topless’. Traduction : on cherche les joueuses, les vraies, les tatouées. Celles qui ont la compétition dans le sang encore et encore.

    Pourtant, l’organisation mulhousienne ronronne comme à l’accoutumée. Salons de l’hôtel Mercure face à la gare. Faut juste prendre l’ascenseur pour jouer. Sympa, non ? Le président fédéral est là pour la photo. Il adore ça. Il lance la partie en présence d’un adjoint au sports. Deux paires de main sur le même pion blanc, j’ai envie d’écraser ma larme.

    Madl n’a pas dû apprécier cette petite plaisanterie. Sur l’échiquier, elle a toujours été une tueuse. En dehors, elle sourit rarement. Sa carrière se conjugue au passé. Elle boude les opens et aujourd’hui, à 45 ans, elle ramasse des cachets dans le championnat féminin de Hongrie, d’Allemagne et de France. L’an passé, elle avait d’ailleurs annulé aisément avec les noirs contre Marie Sebag.

    Partie d’anthologie Le Bail-Madl à rejouer en téléchargeant la partie sur le site fédéral (ronde 3, match Migné-Juvisy)

    Le site dédié au top 12 féminin

    Le ronde par ronde sur le site fédéral

  • Montbéliard-Belfort : exportons nos patates et nos poireaux !

    Le championnat de France des jeunes se déroule traditionnellement sur deux semaines. Cette année, le record de 1233 jeunes de 5 à 20 ans est atteint à Montbéliard. Cette édition a été impulsée par Jean-Paul Touzé, président du club de Belfort décédé le 26 octobre dernier.

    OK 1300 jeunes, on a la quantité. Mais côté qualité, c’est plutôt patates et poireaux... Il suffit de comparer avec le même championnat actuellement en Russie.

    Axone, lieu superbe. Des centaines de tables impressionnantes. Une organisation fédérale rodée. Petit peuple consomme du Coca pas light, des frites et du McDo. La ville est contente pour l’hôtellerie. Les pizzerias enfournent.

    Mais quid de nos futurs champions ?
    Ben la France n’a pas ou mal cultivé son jardin. Du coup, on exporte nos « patates » et on montre nos « poireaux » au monde en direct. Magie de l’Internet. FFE fière comme un coq.

    La catégorie juniors filles: des précieuses ridicules ?
    Coucou, déjà t’as un nombre impair de participantes : 11… pour  9 rondes ! 6 joueuses ont moins de 1700 Elo. Un grand merci à la FFE et à sa responsable d’avoir encouragé « les échecs féminins » tant d’années. On voit le résultat. Un petit stage en Géorgie est conseillé.

    Juniors garçons : "a3 de jouer"
    27 joueurs seulement dont un à 1300. 6 joueurs au-dessus de 2200. L’espoir français Jules Moussard s’est mis en mode « foutage de gueule » en jouant « 1.a3 de jouer » à Borya IDER à la 3e ronde… Le père de ce dernier a été formé à l’école russe.

    "Borya n’a foutre de 1.a3." Il a été patient et a encaissé le point sans psychoter face à cette facétie.

    Entraîné en Russie, Moussard cesserait de faire une telle mousse ou serait privé de tournois internationaux. En France, on rigole. Mais n’est pas Nataf qui veut, (Nataf-Mullon en finale de Coupe de France) jeune homme.

    Sophie Aflalo joue depuis son plus jeune âge ces championnats. Sa participation dans le junior hypocritement désigné « mixte » où elle se bat comme à l’accoutumée résume ce tournoi : illisible.


    Autres catégories : plus on descend dans les catégories, plus il y a de monde. Mais pas de petits grands champions de demain. Le côté kermesse-je défends ma ligue ou je revendique mon drapeau (oeuf corse) est par contre omniprésent.
    Le championnat jeunes est devenu un championnat de masse. La FFE le « vend » à une ville. La FFE a même cédé un open. Ben oui, mon gosse n’est pas qualifié, mais il veut jouer quand même. Je dépose plainte ou j’ai une amende ?

    Champ de patates à perte de vue
    De leur côté, certains entraîneurs font leur beurre en faisant appliquer leurs propres modèles. Exemple-type : mon élève joue mon répertoire. Sous-entendu : c’est moins de boulot à préparer et on répète à qui mieux mieux qui la Défense Scandinave qui la Défense Slave.

    Sous-variante : on fait jouer des petites sous-variantes pourraves.

    Contrainte quasi-générale : gérer le diktat des parents-employeurs qui ne comprennent rien aux 64 cases. Leur dire gentiment qu’il ne faut pas faire de sauts de cabri au moindre point marqué par leur progéniture. Leur conseiller d’acheter des jumelles, de ne pas talocher leur môme en cas de défaite et de ne pas le mettre dans le coffre de la voiture (si, si, ça c’est vu !)

    Entraîneurs : septante ans de solitude
    Ces entraîneurs, il faut les plaindre. Une réunion menée par Darko Anic, El Director de la toute nouvelle direction nationale de l’entraînement (DNE), propose de mutualiser les expériences. Vraiment pas gaulois comme réflexe, mais pourquoi pas ?

    Entre des élèves feignasses, lâchement sollicités par les études, septante années de retard dans la transmission de la connaissance et une fédération longtemps dirigée par des enseignants à qui le mot « élite » donnait des… boutons, bonne chance les gars !


    Je ne lis pas, je branche mon moteur
    Pour finir, à peu près 90 % des jeunes joueurs n’ouvrent jamais un livre et n’analysent jamais par eux-mêmes leur partie post mortem. On branche le moteur et on se dit qu’on était à "+2". Devenir esclave de la machine, il fallait y penser.

    Je connais pas mes finales, chef !
    Autre défaut hexagonal. Au cinéma, on parle d’exception française. Bon. Aux échecs, pas mal d’argent public va dans le financement d’entraîneurs via les clubs sans vraiment de contrôle sportif ni de suivi d’objectifs. Sauf pour faire du chiffre et de la grosse mousse dans les écoles avec les petits n’enfants comme en Corse ou ailleurs. Cela fait bosser des smicards, c’est cool. Et un enfant représente a priori deux électeurs.
     

    Hormis les élèves entraînés par des MI/GMI issus de l’Est (comme le faisait Spiridonov en son temps), tout le monde se concentre sur les ouvertures et rien pour les finales. Bon, OK c’est la mode au top niveau et il faut être vivant au 15e coup.
    Résultat : nos jeunes jouent les finales comme des cochons d’Inde. Ceux qui sont envoyés dans les compétitions internationales se font laminer.

    A part ça, il y a des motifs de satisfaction ; des joueurs et joueuses combattants vont jusqu’au dernier pion quel que soit le résultat. Ne citons personne, ils se reconnaîtraient tous !

    Site officiel

    Site dédié de la FFE (grille américaines par catégorie, c'est super)

    Article de l’Est républicain avec album photos

  • Romain Édouard fait mal à Doubaï

    Doubaï 2014 : le vainqueur du traditionnel open des Émirats arabes unis est le GMI français Romain Édouard. En forme, il a gagné de superbes parties. Par deux fois, il a réussi une mission impossible que lui confiait l’agent Caïssa : gagner une partie plusieurs fois perdante ou largement inférieure.

    Première victime : le GMI indien Gupta, ancien champion du monde junior. Il ne s’en est par remis à tel point qu’il a commenté des parties sur chessbase.com. Cette « poubelle » a été sauvée par des coups de rein énergiques.


    201404_dubai_edouard.JPG8e ronde : Après un massacre sur une Ben Oni qui en disait long sur le degré de préparation de celui qui joue à "top chef variantes" pour Topalov, arrive la partie à 10 000 dollars de la dernière ronde.

    Édouard affronte avec les noirs le talentueux Korobov. Le Russe a sorti en Coupe du monde Nakamura, Kramnik, Caruana et Kamsky ! B a un beau CV. La partie commence avec une ouverture vicieuse et vissante à la Kamsky : 1.d4 d5 2.Ff4. Le Français ne joue pas tout à fait comme dans Bauer-Édouard (Calvi 2011).

    Il souffre quand même. Korobov a un bon petit avantage type "école russe". On moissonne quand on veut selon le plan. Bizarrement, il se déconnecte de l’école russe et n’envahit par la 7e rangée avec ses tours en échangeant les dames au passage. Édouard a ensuite l’intelligence de comprendre qu’il faut tout balancer contre ce joueur qui a montré dans le tournoi des problèmes pour « terminer » ses adversaires.

    Internaute, appuie sur la touche "Replay". Va chercher "Casino", le film de Scorcese. Tu vois la scène où Sharon Stone balance en l’air
    les jetons (47e seconde) ? Eh bien, c’est kif kif.  L’incroyable se produit effectivement. "Koro" fait un effet "bof" et perd les pédales. Un sacrifice de qualité suivi d’une attaque de mat couronne le Français qui termine seul en tête avec 8 sur 9. Bravo. Édouard empoche un cinquième (!) de la bourse totale des prix, soit 10 000 dollars (7 200 €).

    Le GMI Istratescu a bien digéré une défaite et est remonté. J’adoube ! Il a pris de sacrés coups de soleil ! Le MI Adrien Demuth a joué plus de 141 coups pour rien à la dernière ronde contre le Roumain Lupulescu. Ce seigneur va concourir pour le prochain Guinness du fair play. Nous y reviendrons.

    Résultats complets et grille américaine sur chess results

    Parties de la dernière ronde en ligne.

    Parties avec moteur d’analyse sur chessdom

    Le tournoi comportait une double ronde et un jour de repos avec un tournoi de blitz où Édouard est arrivé 1-4e ex aequo.

    Reportage vidéo et photo sur chessbase.com

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