Avertir le modérateur

  • Carlsen et son « client » du Qatar

    Oui Carlsen est le plus fort. Oui, on a l’impression que c’est facile, qu’il renvoie la balle dans des positions simples avant de rincer son adversaire en finale. Mais certains joueurs craquent leur slip avant même de le rencontrer. C’est le cas de Nakamura, son client mené quelque chose comme 12 à 0. Et rien n’y fait.

    Dans un genre tout aussi craqueur, le GMI azéri Mamedyarov est comme un petit lapin face à un lion féroce chaque fois qu’ils s’assied face à Magnus Carlsen. En son temps, on disait de Tal qu’il « hypnotisait » ses adversaires. Idem pour Karpov et ses nerfs d’acier en toute circonstance. Ou Petrossian qui prévenait toute menace avant même qu’elle survienne dans la tête de l’adversaire. Leur point commun ? Euh… champions du monde.

    Voilà comment a été résumé dans des termes mesurés ce qu’est un « client » et comment « un fort joueur a toujours de la chance ».

    En mode texto le passionné d’échecs parisien "Grabbi Jacob" résume l’affrontement de la 8e ronde Mamedyarov-Carlsen de ce tournoi d’anthologie qu’il a suivi en direct sur le net :

    « Mamed en mode truffo-patzer, mais Minus est monstrueux : il joue tous les coups de l’ordi ! Et Vlad a les noirs demain… »

    2015_QAT_Mam_

    carlsen,mamyedarov,petrossian,karpov,tal,savina

    Photo site officiel de Katerina Savina

    Site officiel avec parties et moult photos

    La partie entre les deux champions se rejoue ici

  • Bonnes fêtes... et bonnes résolutions

    Bonnes fêtes à toi vaillant(e) combattant(e) de l’échiquier aux infinies combinaisons. Il y a plein de tournois dans ta région en cette période des fêtes et après les vraies de bulles de champagne ou de Champomy ©, il faudra éviter les vraies bulles de l’échiquier, celles qui te rétrogradent table 54 sur un échiquier en plastique, loin de tes potes dans l'open qui passe dans le journal.

    Oui, cette année 2016 sera celle des bonnes résolutions : pas de superstition sur le stylo qui gagne ou qui perd, tu aimeras ton président et ton club en changeant une ampoule ou en achetant du savon pour les visiteurs. Et surtout beaucoup, beaucoup moins de blitz sur Internet.

    Cette drogue frappe même les plus gros z’Elo de la planète et tu perds de vrais points par paquets à cause de ça. Cela trouble ton sommeil et ta femme (ou ton mari) menace d’aller au ciné avec ses amis ou de sécher les vacances prévues dans une caravane toute équipée.

    Oui, pour compenser, tu as donc décidé d’être sérieux. Entre deux rapports monstrueux à rendre pour hier au travail, tu maîtrises la touche ALT + TAB pour regarder de ton lieu de travail les parties en direct des grands tournois sur www.chess.dom car tu ne peux mettre le son comme avec chess24.com. Immoral mais bon. Les résultats détaillés pour les archivistes ? Sur TWIC depuis mille neuf cent nonante seize.

    Un p’tit coup de nostalgie ? Hop, tu iras lire les majestueux articles de Georges Bertola sur Europe Échecs en prenant un apéro délicat à sa santé, l’homme aime la bonne chère. Non, en 2016, tu vas résister au tweet, Facebook, c’est fini. Tu vas te la jouer repli : on joue sur trois rangées et on gagne. Bref, tu ne regarderas dans l’ordre que le site internet de ton club pour chercher ta photo, puis celi de ta ligue pour voir les photos ringardes de remise des prix et enfin, enfin, tu ne cacheras jamais ta joie en traquant les bonheurs et malheurs des gains et pertes de points Elo de tes camarades et de toi-même sur le site de la FIDE. Miroir, ô miroir...

    Ah, un dernier truc : essaie de ne pas jouer au moins une partie en jean ou pantalon de sport de l’année. Pense très fort à Alekhine, Tartacover et leurs costumes, peut-être cela t’aidera. En tout cas, c’est le vrai défi. Encore plus dur que d’arrêter le blitz sur le Net !

  • Mille victoires, une défaite…

    Vous avez joué mille parties avec un bon copain. Il vous en gagné une seule. C’est sa Madeleine de Proust et il vous la signalera comme un vieux souvenir entre potes.

    Il y a trois ans, le nom de l’un de ces amis a surgi dans mon esprit : le Mulhousien Jean Freudenreich. Pourquoi son nom m’est revenu comme un flash ? Mystère. Nous nous sommes connus en 1973 à Bagnères-de-Luchon. Il y subissait une cure. Nous partagions le même hôtel, La Petite Auberge. Nous avions 12 et 13 ans et nous sommes retrouvés dans cette ville-étape du Tour de France trois années de suite.

    Nous avons joué des dizaines de parties. Venant d’un village proche de Brie-Comte-Robert (qui devait devenir plus tard célèbre grâce au Collaro Show), j’entendais pour la première l’accent alsacien. Parfois, je jouais à l’aveugle en le reprenant sur la notation. Il en a gagné une seule… et s’en souvient encore !

    Après une recherche sur FaceBook, ce Mulhousien pur sucre a été localisé… à Mexico ! Quelques échanges sur Skype il y a trois ans : le gars n’avait pas perdu son regard espiègle d’après les photos et croquait la vie et les blagues avec autant d’appétit. Et son accent alsacien est tout aussi fort !

    Bien qu’il n’ait jamais étudié le jeu d’échecs, il a toujours pratiqué en super amateur avec Pierre, Paul, Jacques. Et puis ce message tombe sur mon répondeur le 14/12 à 15h28 : « Salut Christophe, c’est Jean… heu… Jean Freudenreich. Ça fait quarante ans qu’on s’est pas vu ni parlé… je suis arrivé à Paris tout à l’heure, je repars mercredi midi… donc juste pour te dire bonjour et si on a l’occasion de se voir, demain après-midi quelque chose comme ça… donc rappelle moi si tu peux. »

    Quarante ans après, le rendez-vous se joue sur ses terres, au Père Tranquille, en plein centre de Paris. Sans échiquier, deux quinquagénaires ont parlé, laissant les pré-ado au rayon souvenir. Le jeu d’échecs a toutefois pas mal dominé les débats.
    La prochaine fois ? Ce sera mon tour d’aller à Mexico pour assister à la gigantesque séance de parties simultanées sur la place centrale El Zócalo. Bon, en principe, on devrait se revoir avant les quarante prochaines années…

    Autres variantes, en moins agréable.
    Étudiant en 1985, j’ai voulu faire le kéké devant trois camarades avec lesquels nous fondions un journal. L’un est devenu écrivain, l’autre critique reconnu de vins et le troisième se destinait à l’audiovisuel. Oui, je pouvais battre ce dernier à l’aveugle, il ne connaissait rien aux ouvertures. Tout allait bien, mais ses sorties incongrues de dame m’ont rendu fou, et j’ai laissé une pièce puis la partie. Il n’y eu bien sûr jamais de revanche contre le Niçois Eddy C. devenu depuis producteur. Et chaque fois que l’on se croise, y compris lors de rares avant-premières, il me la ressort publiquement avec le sourire de circonstance...

    Dernier phénomène du genre, plus proche de « l’empreinte » à la Konrad Lorenz : votre seule victoire contre un futur jeune champion. Tous ceux qui ont battu Joël Lautier quand il avait moins de douze ans peuvent se souvenir comment il prenait mal la défaite. Le vainqueur savait, de son côté, que ce serait sa dernière chance car le jeune irait là-haut, très haut, dans le monde du classement Elo. Et le champion, lui, n’a jamais oublié, le nom, l’ouverture, le lieu, la partie et les circonstances de cette défaite.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu