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Marseille s’offre une belle Coupe de France… au tribunal

Cette saison, Marseille a ramené la Coupe de France face à Évry sur une boucherie sans appel de 3 à 0 (et une nulle). Naiditsch et Bacrot avaient les blancs et Évry leur avait respectivement opposé le mousse Moussard et Christophe Sochacki. Le choc à qui ? A Bacrot qui termina la partie par une attaque de mat après avoir « aspiré » les pièces noires à l’aile dame. A 2-0, le match était plié car au 4e échiquier, Hauchard était un peu mieux, mais il fallait s’appeler Karpov pour passer Gozzoli. Feller finit par perdre une position supérieure contre Mazé.

Marseille a dignement fêté sa victoire, et pas seulement sur son blog. Vous reprendrez bien une coupe Monsieur le Maire comme l’an passé pour le titre de champion de France par équipes ? Petit problème. La Coupe ? Évry, détenteur en titre, ne l’a  envoyée ni à la Fédé ni à Marseille. Mieux : Évry conteste la restitution de la licence de Marzolo (le Lyonnais joue pour Marseille) et a engagé une procédure en référé.

Lire la suite du pastis avec scoop explosif, cliquer suite.

Licence de Marzolo : le choix dans la date de la FFE
Depuis le début de cette compétition à quatre joueurs, Évry conteste en effet un point capital. Marzolo (Marseille) a joué un tour de CdF contre Lisieux. Problème selon Évry : ce joueur est sanctionné et ne pouvait récupérer sa licence pour un problème de choix dans la date.
Les participants à la Coupe de France doivent être licenciés bien avant février et Évry prétend que sanctionné, Marzolo n’est pas licencié, même si la FFE lui a rendu, après accord avec le CNOSF, sa licence en février…

Les demandes d’Évry-body
Alors, Évry a dégainé et a engagé une procédure en référé à Versailles. On fera court car la date de l’affaire a été changée deux fois avant que les avocats, Gozzoli, toutes les pièces et le Marzolo montrent leur museau en commun.

Finalement, la demande d’Évry est simple : que Marseille ne puisse s’inscrire en Coupe d’Europe estimant illégitime toutes les qualifications subséquentes au match où Marzolo joua (et fit nulle). Annuler le match contre Lisieux ? Ce n’est pas du ressort d’un juge des référés ; et il n’est pas sûr qu’un juge du fond puisse s’engager sur cette voie. Il y avait donc cette demande, sans compter le cas Marzolo et la chronologie discutée et discutable de la restitution de sa licence.

Une Vérat-cité
Préalablement une Vérat-cité anecdote : le plus gros salarié fédéral, son directeur général Laurent Vérat était présent. Il fut, il y a fort longtemps, le premier joueur licencié à attaquer un organisateur devant un tribunal. Un organisateur lui avait refusé l’accès à un tournoi au motif qu’il avait commis, dans un tournoi précédent, une nulle de salon il est vrai un peu délirante (x promotions et sous-promotions) contre son ami Vareille. Fort logiquement, sur le plan du droit, il gagna.

Écoutez-vous les uns les autres
Arrivé dix minutes en retard, j’ai loupé quelques tours de chauffe et invectives. Le débat entre Me Nicolas (FFE) et Me Morel (Évry, également celui de Feller et Hauchard) est maintenant rodé et policé. Dans ce genre de dossier, il y a des ficelles techniques, mais ce 3 juillet, la juge a bien lu les conclusions. Cette affaire est la seule à être jugée de sorte qu’elle prit le temps d’écouter les uns et les autres.

gozzoli,marzolo,evry,marseille,delorme,moussard,sochacki,bacrot,naiditsch,morel,nicolas,ffe,coupe de france,vérat,cnosfLe coffre de Gozzo
L’intervention de Gozzoli fut remarquable pour un non pro. Bon d’accord, il bombe le torse comme souvent, parle une octave plus haut, mais ses accents de sincérité sont là. Il est clair et concis.
Me Morel lui fit remarquer qu’on ne lui demandait pas de « plaider la bonne foi ».

Il fallut parfois retenir voire écarter les interventions de Marc Perrin (Évry) qui remit dans un carton la Coupe aux Marseillais. 'Marzol' fut interrogé par la juge. Il débitait bien le texte qu’on lui avait écrit et déroulait sur le mode « chui pô au courant de l’allègement de ma sanction quand j’arrive devant le CNOSF ». Ben oui, on y croit bien sûr…

SCUD-SCOOP
Mais le bonhomme n’est pas à l’aise. Il le sera d’autant moins... Alors que la juge va clore les débats, Me Morel (Évry) demande à faire intervenir un licencié amené par Évry. Ce joueur parle à propos de Marzolo d’une plainte en subornation de témoin et d’avantages considérables et d’octroi d’avantages ; dans un tribunal, il ne peut juridiquement en dire plus. Me Morel donne alors des précisions sonnantes, protégé par son statut d’avocat.

Vérat est alors cramoisi. Marzolo retrouve brièvement la parole mais se meut en mode bilboquet. La juge trouve tout cela imprécis, hors de propos par rapport aux demandes et remet sèchement tout le monde en place et renvoie le locuteur d’Évry dans sa case. Elle rendra sa décision fin juillet. Rompez ! Et bonjour le scud envoyé en fin de variante.

La FFE, Marzolo, Marseille-Echecs ont demandé des dommages-intérêts à Évry.

Coupe de France
Rejouer les parties, c’est ici. Tirez en passant les oreilles du cancre fédéral qui a donné le résultat comme étant nul dans la domination positionnelle de l’Allemand Naiditsch contre ce pauvre mousse de Moussard.

Visitez virtuellement le club de Marseille. Aurélie Laurie Delorme, la compagne de Gozzo tient la baraque. 147 valeureux licenciés A contre une masse de 872 licenciés à pas cher B, c’est du boulot !

Commentaires

  • C'est Laurie, pas Aurélie Delorme ;-).
    Étonnantes ces dérives des échecs vers les tribunaux. Quelque part je me dis que c'est dommage d'avoir arrêté et de ne pas vivre tout cela depuis l'intérieur !

  • C'est l'occasion de remercier Christophe Bouton pour ce blog, carrément de salubrité publique,vu le nombre d'"histoires" qui "animent" le milieu échiquéen, et qu'on ne connaîtrait que difficilement sans lui...Merci! :)

  • La restitution de la licence à Mr MARZOLO a surpris en 2012.

    La Commission de discipline de l'époque avait-elle examiné son dossier et donné son accord ?

    C'est habituellement ce que doit faire la Commission de discipline si l'on en juge par cette mention qui apparaît dans plusieurs numéros de la revue de l'arbitrage BAF à propos d'un joueur sanctionné :
    Cf page 4 du bulletin de l'arbitrage :
    www.echecs.asso.fr/Arbitrage/Baf95.pdf
    www.echecs.asso.fr/Arbitrage/Baf100.pdf

    "BORDEAUX Jean-Jacques Joueur actuellement non licencié ne pourra
    être réaffilié à la FFE qu'après examen de son dossier par la Commission Nationale de discipline. "

    Le dossier de Mr MARZOLO en 2011 et 2012 a-t-il subi le même examen par la Commission de discipline ?

    Un membre de cette Commission peut-il nous apporter quelques éclaircissements ?

    Il semble qu'il y ait eu uniquement A POSTERIORI (après restitution de la licence) un examen par la Commission d'homologation...

  • Pour la situation du joueur Marzolo: avis de la Commission d'homologation, confirmé par le recours en CNOSF qui a débouté le club de Deauville (qui demandait l'invalidation du match Marseille-Deauville de top 12 ou Marzolo jouait pour Marseille)

    Les textes ne prévoient pas d'avis de la commission de discipline pour la restitution de licence après sanction (sauf le cas particulier et très ancien cité par playmate, datant de bien avant mes fonctions à la commission disciplinaire)
    AC, ancien président de la CFD

  • Monsieur CANONNE,

    Merci beaucoup pour ces éclaircissements.
    Cela signifierait donc que pour le cas de Mr BORDEAUX, la mention inscrite dans un grand nombre de bulletins de l'arbitrage (BAF ) ne repose sur aucun texte précis : "BORDEAUX Jean-Jacques Joueur actuellement non licencié ne pourra être réaffilié à la FFE qu'après examen de son dossier par la Commission Nationale de discipline."

    Un responsable de ce bulletin pourrait-il nous expliquer pourquoi avoir cité une telle formule sans fondement dans autant de numéros du BAF ?

    Ceci dit, il semble que ce joueur ait bénéficié d'un traitement très particulier, puisque la fin de sa sanction n'était jamais indiquée dans le BAF, et ce jusqu'au BAF 117.

    A partir du Bulletin 118, on a découvert qu'il était sanctionné et interdit de jouer jusqu'en 2900 !!!
    Non, ce n'est pas sa performance elo, mais bien la date de fin de sanction indiquée sur plusieurs bulletins du BAF : par exemple, BAF 118 / BAF 119 / etc...Surréaliste mais vrai !
    www.echecs.asso.fr/Arbitrage/Baf118.pdf
    www.echecs.asso.fr/Arbitrage/Baf119.pdf

    A partir de fin 2010, sa sanction fut en quelque sorte allégée et elle prendra fin en 2026...
    www.echecs.asso.fr/Arbitrage/Baf129.pdf

    Mr CANONNE, étiez-vous en fonction à la Commission de discipline fin 2010 ?
    Si c'est le cas, vous avez peut-être participé à la décision visant à alléger la sanction de ce joueur (fin de retrait de licence qui est passée de 2900 à 2026).

    Si l'on en juge par les textes en vigueur, "L'organe disciplinaire fixe la date d'entrée en vigueur des sanctions et ses modalités d'exécution" (Article 19 de l'annexe I-6 du Code du Sport / repris par le règlement FFE).

    Alléger une sanction (en modifiant sa fin : 2026 au lieu de 2900) qui pèse sur un joueur semble, en effet, tout à fait correspondre aux modalités d'exécution d'une sanction.

    Monsieur CANONNE, avez-vous la possibilité de nous indiquer, d'une part, pour quel motif un joueur d'échecs peut-être sanctionné ("embastillé") jusqu'en 2900 ? voire jusqu'en 2026 (30 ans de condamnation) ?

    Pouvez-vous également nous préciser si dans le cas d'une modification de sanction d'un joueur d'échecs, la commission de discipline devrait selon vous être consultée, dès lors que de par les textes en vigueur, "L'organe disciplinaire fixe la date d'entrée en vigueur des sanctions et SES MODALITES D'EXECUTION" ?

    Merci pour ces éclaircissements.

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