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Top 16 : Evry beauty

Le championnat de France par équipes de première division (‘Top 16’) a été remporté pour la première fois par le club d’Évry Grand Roque le 31 mai 2009. Les dernières minutes du match ont eu lieu dans une grande salle rectangulaire du chic club privé Les Pyramides, à Port-Marly, à 22 km à l’ouest de Paris et en contrebas du château de Monte-Cristo, dans le parc de la demeure d’Alexandre Dumas.

Évry Grand Roque n’a jamais été inquiété: dans environ un match sur trois, fort de ses vedettes mondiales Nakamura et Svidler, le club ne concédait qu’une défaite sur l’un des 8 échiquiers. Les autres matches se terminaient par des boucheries sans os allant de 4-0 à 7-0.
Seul Châlons-en-Champagne a relevé le menton en arrachant un match nul (3 victoires partout, les nulles ne comptent pas dans les matches par équipe) lors de l’antépénultième ronde en partie grâce ou à cause des défaites des ‘buteurs habituels’ Vachier-Lagrave (Évry) contre Cornette et de Sophie Milliet (Évry) contre le jeune Fabien Guilleux, un jeune qui prend son pied dans des parties techniques.

La photo de famille des vainqueurs montre l’unité des coéquipiers tant sur le plan sportif que vestimentaire: la chemise est la même pour tous. Pour le reste, c’est Évry beauty version concours de jeans froissés. Mais avec la piscine à deux pas, les champions de France ont des excuses: ils n’étaient pas les seuls. Voir le compte rendu de l’intérieur sur le site d’Évry Grand Roque et en passant l’excellent entretien vidéo avec le champion des États-Unis, Nakamura, 21 ans.

V.O des rencontres sur le site fédéral

Atterrissage
Les Pyramides de Port-Marly est un gigantesque club privé (chiffre d'affaires en 2007: 4,4 millions d'euros)offrant nombre de services sportifs, mais aussi des séminaires. De la N13 en provenance de Paris, on décroche directement dans une voie privée semblant interminable. Elle mène à un parking immense d’où l’on aperçoit de gigantesques pyramides. Pas de parcours fléché à l’entrée, mais une hôtesse bien renseignée.

‘Chess thing’
À l’entrée, l’hôtesse indique une grande pièce rectangulaire. C’est là où se déroulent les joutes. Sur le chemin, deux tennismen se demandent ce qu’il s’y passe. L’un d’eux répond : « It’s a chess thing. » (C’est un truc d’échecs). Les échecs sont donc un sport?

Smoking, mais no smoking
Aucun joueur ne fume à l’extérieur du complexe. C’est trop loin de la salle. Quelques irréductibles de la nicotine tirent une taf la tête vers le ciel, pressés et stressés à deux pas de la grande piscine en plein air. Pas de petit ou grand Lasker-lascar en smoking avec un cigare aux alentours.

Le zapping des tables
Les conditions de jeu sont excellentes pour les joueurs et deux matches par ronde sont retransmis sur le site fédéral. Pour les rares spectateurs, forcément si rares, il faut slalomer entre les tables et ne gêner personne. Il n’y a pas plus de spectateurs ce week-end de Pentecôte que lors d’un match de championnat du monde Topalov-Kamsky à Bucarest. Oops!

Selon l’intérêt des parties, on zappe de table en table au gré des zeitnots. Beaucoup de parties serrées. C’est un peu assommant, fatigant pour les mollets, toujours palpitant au moment du zeitnot (crise de temps). Mon Dieu que Bacrot souffre contre l’Allemand Döttling. En crise de temps, sur un coup, l’Allemand rate l’avantage décisif; la machine défensive de Bacrot se met en route, il sacrifie, récupère, vitupère intérieurement, son visage passe au rouge, sa position est passée au orange sans contravention. La nulle est conclue après diverses acrobaties (voir sur le site fédéral les parties à suivre sur l’appliquette, pas sur le fichier PGN téléchargeable où les parties de la poule basse sont ne sont pas encore disponibles).

Évry beauty needs some beauty…
Depuis qu’Évry a atomisé Clichy 5 à 1, peut-on parler de suspense dans le championnat de France? Pas vraiment et même pas du tout. Résumons: pour suivre le championnat de France, il faut presque un diplôme. Les 16 équipes que l’on voit ne jouent pas à égalité: les 8 de la ‘poule haute’ (déterminées lors de phases précédentes) sont sûres de rester l’an prochain. La première de la poule haute sera championne de France. Les 4 dernières de la poule basse redescendent en division inférieure.
Bref, les 12 premières restent en poule haute et bonjour pour suivre les matches. Si vous ne jouez pas dans l’une des 16 équipes, le suspense n’a d’intérêt que pour quelques exploits individuels, les sauvetages miraculeux et voir les vedettes mondiales de passage. Vous savez ce qu’il vous reste à faire? Augmenter votre Elo et vous faire embaucher dans une équipe du Top 16. Ou attendre l’an prochain pour que la FFE abaisse le nombre d’équipes à 12.
Sinon, admirez Drancy, l’anguille toujours menacée de descendre ou la défaite d’un gros poisson devant les crevettes que nous sommes: le grand Russe Svidler est pris dans les filets du Cannois Murtas K. Une belle pêche au gros Elo, la boucle d’oreille de corsaire de Svidler ne lui étant d’aucun secours.

Plouf-plouf
Le président fédéral Jean-Claude Moingt est sorti de la piscine en pleine ronde pour réapparaître en tenue de ville quelques minutes plus tard, discutant avec quelques obligés. À l’instar d’une « image résiduelle », j’ai imaginé la même scène avec les précédents présidents Lambert et Loubatière. Image impossible. Devinette: un président fédéral en maillot de bain, c’est bling-bling, bling-blong ou plouf-plouf?

Boî-boîte bling-bling?
Après la piscine, le président fédéral a fêté son anniversaire dans une discothèque en invitant de nombreux joueuses et joueurs. Bling-blong, let’s groove tonight. Précision: la boîte s’appelle Le Pacha! Et je ne vois toujours pas Lambert ou Loubatière dans cette variante. Mais quand Pacha pas fâché, lui faire toujours ainsi.

Sauna coûtera?
Sauna, piscine, toutes les facilités étaient offertes aux participants du Top 16. Certains ont terminé avec de sacrés coups de soleil avant de rejoindre leur hôtel deux étoiles et de préparer leur partie du lendemain.

Habillés pour l’été
Sur la centaine de joueurs et remplaçants (16 x 7), moins de cinq portaient un costume: Prié (avec cravate Hermès!), Flear et Krasenkov.

Un match nul, nul ou trop nul?
Dans le match Strasbourg—Marseille–Échecs, le suspense a duré jusqu’au bout. Mais le score est resté vierge: 8 nulles sur 8 échiquiers. Après quelques courtes nulles sans intérêt (nom de Caïssa, pourquoi?), il restait trois parties. Malina Nicoara (Strasbourg) a une finale de tours gagnante contre Laurie Delorme (Marseille); Bacrot (Marseille) joue une pénible partie. Il semble foutu, mais son adversaire est en crise de temps. Bacrot, génial quand il est en danger, s’arrache littéralement pour coordonner et activer ses pièces. Döttling, sur un coup, rate l’énorme avantage dans son zeitnot tandis que Rozentalis (Strasbourg) a sacrifié une pièce pour forcer un gain. Bacrot-Döttling font nulle et parlent longuement de leur partie non loin de la piscine, loin de tout échiquier d’analyse. Rozentalis tentera tout, mais son adversaire tiendra bon tandis que Malina Nicoara sabote sa finale de tours avec deux pions de plus nets d’impôt et ne fait que nulle. Résultat: un match nul d’anthologie et des émotions dignes d’un Top 16. Marseille-Échecs termine premier de la poule basse et Strasbourg troisième.

Comment dit-on Tkatchiev en catalan?

Depuis que Tkatchiev n’est plus tricard suite à sa condamnation légère, il rejoue en équipe pour Cannes. C’est tout juste s’il ne m’a pas embrassé. Sacré et enjoué Tkatchiev! Finalement, il continue l’agit-prop. Lors de la dernière ronde, il ne restait plus que lui à batailler alors que son équipe (Cannes) avait déjà perdu 3-1 son match contre Clichy. Mais il voulait gagner sa Catalane méticuleuse contre Fressinet. Il fit souffrir le Clichois, joua avec parfois seulement 30 secondes par coup dans une interminable finale où Fressinet se défendit avec son rictus de facilité et sa vitesse habituels. Nulle. Blague: quelques Strasbourgeois ont été pris en flagrant délit d’applaudissements suite à leurs courtes nulles, comme pour se racheter.

 

Commentaires

  • Je suis allé aux Pyramides vendredi...
    Vendredi, 6 personnes en public...
    C vrai que j'ai regardé plus les stars Naka et Svid qui produisent du jeu tendu dès les premiers coups...
    Ambiance nulle, pas de boissons (sauf un café infect en thermos et de l'eau chaude en bouteille) pour les joueurs obligés de traverser le complexe et de monter au bar situé à l'étage....
    Salle d'analyse, pas un chat...
    Salle de retransmission, personne...
    C'est vrai qu'il y avait l'open du parc...

  • ravi de voir ce blog s'animer de nouveau.

    Même constat sur le site de Rueil où on a pris le parti du public.
    http://www.rueil-echecs.com/suite.php?newsid=141

    Les conditions étaient appréciables pour les joueurs mais pas pour les spectateurs. Du reste, on aurait tout fait pour qu'il n'y ait pas qu'on ne s'y serait pris autrement.

  • Excellent reportage sur le site de Rueil.
    Je découvre avec stupeur qu'on a eu recours à des échiquiers plastifiés, les plateaux en bois devant être en nombre insuffisant. Pourtant, il n'en fallait que 64 !
    Quant aux tables, elles étaient d'une si petite dimension : avec l'échiquier, le nom des joueurs, la feuille de partie, la boisson, il ne restait quasiment plus de place. Et pour poser ses coudes sur la table, je ne vous dis pas...
    J'ai vu personnellement des compétitions scolaires avec de meilleures conditions de jeu.

  • Oh que jy sui aller labas pour voir les belles joueuses et j'y ai pa du tou aité déssu de voir ses belles femme qui jouiéent bien aux échecs !
    Ety pi la fiesta été bien tte la nuit, gai bien bu et ben mangait, merki JCM !

Les commentaires sont fermés.

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