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  • Le jeu d’échecs enfin sport !

    Vous avez vu les photos des remises des prix dans nos tournois d’été ? Ah ! les beaux tableaux. Les premiers de la classe de la « grille américaine », bref ceux qui sont dans la liste des prix, sont tous habillés comme des sportifs : maillots, shorts, pantalons courts etc. La vraie classe devant l’édile adjoint(e) aux sports, inévitablement préposé(e) à un exercice de sourire devant les photographes pâmés de la presse locale.

    Bon, les premiers ne sont plus en sueur. Seuls les footeux ont ce droit, en embrassant la coupe ou en faisant des glissades sur la pelouse. Mais les joueurs, nos joueurs ? Suent-ils ? S’éclatent-ils après la dernière partie par une glissade sur le linoléum vieilli du palais des congrès ?

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    Peut-être imitent-ils leurs aînés (en Elo) de la même façon qu’ils copient les variantes d’ouverture de ces mêmes groz-Elo. Car ce n’est guère mieux chez les pros des tournois internationaux fermés. Là, les « vrais » sportifs se comportent comme des cyclistes (je ne parle pas d’un contrôle antidopage, interdit de rire) après une course de patronage. Seul le top niveau des dix meilleurs mondiaux s’est mis à la page, comme les cyclistes reçus par le maire de Paris après le Tour de France : cravate, costume sombre, cheveux gominés.  

    Excusez pour le coup de chaleur du jour. Mais j’ai pris un coup de soleil en relisant ce qu’écrivait un directeur technique national il y a vingt ans, le grand maître Gilles Mirallès. Gilles plaidait pour le costume à propos des titrés. Heureusement, depuis, on a une excuse pour l’éviter : le jeu d’échecs est devenu sport.

  • Morozevitch: c'est bien à Bienne!

    C’est en écoutant une émission passionnante sur la mémoire que j’ai réalisé pourquoi Morozevitch cartonnait grâce à son anxiété. D’abord sa tête. Vous avez vu ? Jamais un sourire. Bon, on peut dire que c’est la routine chez les joueurs d’échecs pendant leurs parties : le classique tournoi de Bienne, en Suisse, le prouve une fois de plus. Même le jeune prodige norvégien Carlsen qui met ses pieds sur sa chaise, sa bouteille d’eau gazeuse dans le champ du photographe a la mine renfrognée. Souriez, camarades ! Mais pourquoi Morozevitch serait anxieux ? Bien, je vous renvoie à l’émission de France Inter du 1er août. Georges Chapouthier, directeur de recherche au CNRS, parle en hyper blitz mais avec une belle élocution, et quoi ? Il nous dit que « chez les animaux supérieurs, et en particulier chez l’homme est construit pour avoir un apprentissage lié à l’émotion. Et que la grande erreur de Bergson, Descartes et d’autres, c’est d’avoir voulu voir la mémoire comme quelque chose d’aseptisé alors qu’elle est fortement liée à un contenu émotionnel ». Voilà pour vos devoirs de vacances et quelques débuts d’explication pour tous ceux qui utilisent leur mémoire de répétition pour leurs variantes. Évitez les produits dont quelques champions connus (Anand, Skripchenko) font la pub, mais ce conseil n’engage que moi bien qu’un commercial ait récemment tenté de me convaincre pendant plus de quarante minutes avant d’un raccrochage excédé de ma part. Pffff. Et régalez-vous des parties du Morozevitch à Bienne ; pour tous, je recommande la façon dont il joue l’Espagnole avec les noirs. C’est un mélange de classicisme et de dynamisme: Morozevitch est un jeune vieux qui a encore de la mémoire! Je savais bien que je disais n’importe quoi depuis le début : j’ai sûrement dû être gagné par mes émotions !

     

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